Exercice militaire Mosi-3 : la Chine, l'Iran et la Russie montent au créneau

Depuis plusieurs années, la Russie, l’Iran et la Chine ont renforcé leur coopération dans des domaines allant de l’énergie à la diplomatie militaire, adoptant une coordination visible face aux pressions exercées par les puissances occidentales. Chacun cherche à affirmer son influence et à protéger ses intérêts. Cette convergence se manifeste concrètement avec la participation inédite de ces trois pays à l’exercice naval Mosi-3, lancé le vendredi 9 janvier au large de l’Afrique du Sud, et qui donne à voir une coopération opérationnelle sans précédent dans la région.

La puissance chinoise et le leadership naval au Cap

Pour cette édition, Pékin envoie deux bâtiments clés : le destroyer lance-missiles Tangshan de type 052DL et le navire de soutien Taihu de type 903A. La Chine assume un rôle central dans la coordination des manœuvres, sous l’égide de l’Afrique du Sud, pays hôte de l’exercice. Baptisé « Will for peace », l’événement met officiellement l’accent sur la sécurité maritime et la protection des routes commerciales, mais le faible nombre de navires impliqués confère surtout à l’opération une dimension symbolique. La participation chinoise montre également sa capacité à projeter sa puissance navale et à renforcer sa présence dans des zones océaniques stratégiques de l’hémisphère sud.

Russie et Iran renforcent leur coopération maritime

La Russie engage dans Mosi-3 sa corvette Stoikiy, dotée d’un hélicoptère, affirmant sa présence opérationnelle dans l’Atlantique Sud. Pour sa première participation, l’Iran déploie sa 103e flottille, marquant une extension notable de sa présence maritime au-delà du golfe Persique. Ces contributions combinées permettent à Moscou et Téhéran de coordonner leurs actions avec la Chine et d’expérimenter des manœuvres conjointes de surveillance et de sécurité maritime. Bien que le nombre de navires reste restreint, l’exercice prend une valeur symbolique importante, démontrant la capacité des trois nations à organiser une opération commune à l’échelle internationale.

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Le cadre institutionnel évoqué est celui du BRICS+, récemment élargi à l’Égypte, l’Éthiopie, l’Indonésie et aux Émirats arabes unis. Toutefois, les activités réelles se concentrent surtout sur la Chine, la Russie et l’Iran, révélant un axe opérationnel concret derrière la communication élargie du bloc.

S’étalant sur une semaine, Mosi-3 combine entraînements tactiques, coordination et simulations de protection des voies maritimes. L’exercice traduit un intérêt stratégique partagé : assurer la sécurité des routes commerciales et accroître la visibilité internationale de ces forces navales. Cette expérience pourrait servir de modèle pour de futures coopérations similaires, même si son ampleur reste pour l’instant limitée.

En définitive, Mosi-3 témoigne d’un rapprochement maritime inédit entre la Chine, la Russie et l’Iran. Au-delà du symbole diplomatique, l’exercice permet de tester leurs capacités conjointes de projection et de coordination, et montre leur volonté de se présenter comme des acteurs capables de défendre des intérêts communs sur les océans du Sud, tout en révélant les limites actuelles de cette coopération militaire.

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