Explosions en Iran : Israël nie toute implication, voici ce que l'on sait

Depuis plusieurs semaines, les relations entre Washington et Téhéran traversent une phase d’extrême tension. Le président américain Donald Trump a multiplié les menaces militaires contre la République islamique, déployant une armada navale menée par le porte-avions USS Abraham Lincoln dans les eaux du Golfe persique. Cette escalade fait suite à la répression sanglante des manifestations qui ont secoué l’Iran en janvier, ayant fait plusieurs milliers de morts selon les organisations de défense des droits humains. C’est dans cette atmosphère explosive que plusieurs déflagrations ont frappé différentes villes iraniennes ce samedi 31 janvier 2026, alimentant immédiatement spéculations et inquiétudes.

Bilan des explosions à Bandar Abbas et Ahvaz

La ville portuaire de Bandar Abbas, située sur le stratégique détroit d’Ormuz par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial acheminé par voie maritime, a été secouée par une puissante explosion. La déflagration a touché un immeuble de huit étages, tuant une fillette de quatre ans et blessant quatorze personnes. Plus d’une dizaine de véhicules stationnés à proximité ont également été endommagés.

Parallèlement, la ville d’Ahvaz, dans le sud-ouest du pays près de la frontière irakienne, a connu un drame similaire. Quatre membres d’une même famille, dont le père, la mère et leurs deux enfants, ont péri dans l’explosion d’un complexe résidentiel du quartier de Kianshahr. Les services d’incendie locaux ont attribué ce sinistre à une fuite dans le réseau de gaz de la ville.

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Des panaches de fumée ont également été signalés dans d’autres localités, notamment à Karaj et dans le quartier de Parand, en banlieue de Téhéran. Le gouverneur du comté de Robat Karim a toutefois démenti tout incident sécuritaire, affirmant que la fumée observée provenait d’un feu de roseaux secs le long de la rivière Shour.

Démentis d’Israël et des Gardiens de la révolution

L’agence de presse Tasnim, affiliée aux Gardiens de la révolution, a rapidement qualifié de « totalement fausses » les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles Alireza Tangsiri, commandant de la marine des Gardiens de la révolution, aurait été visé dans l’explosion de Bandar Abbas. Les Gardiens ont également nié toute attaque de drone contre leur quartier général dans la province d’Hormozgan.

Du côté israélien, deux responsables ont affirmé à l’agence Reuters que leur pays n’était pas impliqué dans ces incidents. Une source sécuritaire a confié à la chaîne israélienne N12 News qu’Israël et les États-Unis ne menaient actuellement aucune opération dans la région, suggérant qu’il s’agirait probablement d’un « incident interne ». Le Pentagone n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

À Bandar Abbas, le chef des pompiers locaux a évoqué une fuite de gaz comme cause probable, selon une évaluation préliminaire. Cependant, des sources locales ont indiqué que le bâtiment touché n’était pas raccordé au réseau de gaz, jetant le doute sur cette explication.

Ces incidents surviennent alors que les Gardiens de la révolution doivent lancer des exercices navals avec tirs réels dans le détroit d’Ormuz dès dimanche, avec la participation de la Chine et de la Russie. Le Commandement central américain a prévenu vendredi qu’il ne tolérerait aucune action qu’il jugerait dangereuse pour ses forces dans ce couloir maritime stratégique. Le président iranien Masoud Pezeshkian a pour sa part accusé ce samedi les dirigeants américains, israéliens et européens d’avoir exploité les difficultés économiques de son pays pour « déchirer la nation ».

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