France : le rappeur Lacrim condamné pour non‑versement de pension alimentaire à ses enfants

Lacrim, le rappeur franco‑algérien, a été reconnu coupable par le tribunal de Senlis ce jeudi 22 janvier 2026 pour ne pas avoir assuré le paiement régulier de la pension alimentaire due à son ex‑compagne pour leurs deux enfants. Cette affaire souligne les obligations légales des parents vis‑à‑vis de leurs enfants et relance les discussions sur l’exécution des décisions de justice quand elles concernent des personnalités médiatiques.

Qui est Lacrim, figure majeure du rap français

Karim Zenoud, plus connu sous son nom de scène Lacrim, est un rappeur d’origine franco‑algérienne né en 1985 à Paris. Actif sur la scène hip‑hop depuis plus d’une décennie, il s’est imposé grâce à des albums et mixtapes à succès et à des collaborations avec des artistes de renom. Son parcours artistique est marqué par des chiffres de vente importants, des tournées et une renommée au‑delà des frontières françaises. Cependant, Lacrim a aussi été confronté à de nombreuses procédures judiciaires au fil de sa carrière, notamment pour des affaires précédentes qui ont alimenté sa réputation parfois controversée dans les médias.

Cette notoriété croissante dans le rap s’accompagne d’une vie personnelle scrutée, en particulier depuis son procès pour abandon de famille et non‑versement de pension alimentaire. La présidence du tribunal de Senlis, dans le département de l’Oise, avait fixé depuis 2022 une pension mensuelle totale de 4 000 euros pour ses deux enfants, une somme censée soutenir leurs besoins quotidiens et leur bien‑être. Malgré cette décision, il est établi que ces versements ont été effectués de manière irrégulière ou pas du tout sur de longues périodes entre juin 2023 et février 2025.

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Une condamnation à Senlis et des enjeux autour des obligations parentales

Le 22 janvier 2026, le tribunal correctionnel de Senlis a rendu sa décision dans cette affaire. Lacrim a été déclaré coupable et condamné à 90 jours‑amende de 50 euros chacun, ce qui équivaut à une amende de 4 500 euros. En plus de cette sanction, le tribunal a ordonné le versement d’un total de 44 500 euros à l’ex‑compagne du rappeur. Cette somme correspond à la réparation du préjudice matériel lié au non‑versement de la pension, ainsi qu’au remboursement des frais d’avocat engagés par la plaignante.

Ce jugement intervient après que la mère des enfants eut formulé une plainte officielle, expliquant que pendant plus d’un an elle avait tenté, sans succès, d’obtenir les versements fixés. Selon la défense de Lacrim, celui‑ci se serait retrouvé dans une situation financière délicate, avec des dettes importantes envers l’administration fiscale française, ce qui aurait compliqué sa capacité à honorer ses obligations. L’avocat de l’artiste a notamment évoqué des arriérés d’impôt s’élevant à plusieurs centaines de milliers d’euros, soulignant une réalité économique différente de celle perçue à l’extérieur.

Le cadre légal du versement de pension alimentaire en France

En France, le versement d’une pension alimentaire aux enfants après une séparation ou un divorce est une obligation légale fixée par une décision du juge aux affaires familiales. Ce montant est déterminé en fonction des besoins des enfants et des ressources du parent débiteur. Le non‑versement de cette pension peut être qualifié d’abandon de famille, un délit susceptible d’entraîner des peines financières, voire des peines privatives de liberté si les obligations ordonnées ne sont pas respectées.

Dans le cas de Lacrim, si l’amende prononcée n’est pas acquittée, chaque jour‑amende non payé peut se transformer en une journée d’emprisonnement, conformément à la législation française. Cette disposition vise à garantir que les décisions de justice soient réellement appliquées et respectées, surtout lorsqu’elles concernent la sécurité et l’épanouissement des enfants.

À l’annonce de la décision, l’ex‑compagne du rappeur a exprimé sa satisfaction, tout en soulignant que le combat n’était pas terminé tant que la pension n’était pas effectivement versée. Du côté de Lacrim, l’absence du rappeur à l’audience et au moment du délibéré a été particulièrement commentée. En défense, il avait été expliqué qu’il se trouvait à l’étranger, notamment pour des obligations professionnelles. Cette situation a contribué à alimenter les polémiques autour de la perception de son engagement envers ses responsabilités personnelles.

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