France : l'ex-sénateur Joël Guerriau reconnu coupable d'avoir drogué la députée Sandrine Josso

Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict ce mardi 27 janvier 2026 dans l’affaire opposant l’ancien parlementaire centriste à sa collègue de l’Assemblée nationale. Joël Guerriau écope de quatre ans d’emprisonnement, dont dix-huit mois à purger derrière les barreaux, pour avoir administré de la MDMA à Sandrine Josso dans l’intention de commettre une agression sexuelle ou un viol.

Les faits remontent au 14 novembre 2023. L’élu de Loire-Atlantique avait convié la députée MoDem à son appartement parisien pour célébrer sa réélection à la chambre haute. La parlementaire était alors la seule invitée de cette soirée. Après avoir bu du champagne au goût inhabituel, elle avait ressenti des symptômes alarmants : palpitations, vertiges, tremblements. Convaincue d’avoir été droguée après avoir aperçu un sachet suspect, elle avait réussi à quitter les lieux précipitamment.

Les analyses sanguines réalisées par la suite avaient révélé une concentration d’ecstasy largement supérieure aux doses récréatives habituelles.

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Une défense rejetée par le tribunal

Durant les deux jours d’audience, l’ancien sénateur a maintenu sa version d’une erreur involontaire. Il affirmait avoir versé la substance dans un verre destiné à sa propre consommation la veille, avant de le resservir par mégarde à son invitée. Une explication qui n’a convaincu ni le parquet ni les juges.

« Ce n’est pas un acte de séduction, la soumission chimique, c’est un acte d’agression », avait plaidé l’avocat de la partie civile, Me Arnaud Godefroy.

Le procureur Benjamin Coulon avait souligné l’ironie de la situation : le prévenu avait lui-même voté en 2018 la loi créant le délit d’administration de substance nuisible à des fins sexuelles.

Des peines complémentaires prononcées

Outre la peine d’emprisonnement, le sexagénaire devra se soumettre à une obligation de soins et ne pourra plus approcher la victime. Le tribunal lui interdit également de se présenter à toute élection pendant cinq ans. Il versera 9 000 euros de dommages et intérêts à la députée.

L’ancien élu, qui avait finalement quitté le Sénat en octobre 2025 après avoir longtemps refusé de démissionner, a immédiatement annoncé son intention de contester cette décision. L’appel suspend l’exécution de la peine de prison, lui permettant de rester libre dans l’attente d’un nouveau procès.

À la sortie du palais de justice, Sandrine Josso a exprimé son « immense soulagement ». Depuis cette affaire, la parlementaire s’est engagée activement dans la lutte contre la soumission chimique, pilotant notamment une mission parlementaire ayant abouti à cinquante propositions remises au gouvernement en mai 2025.

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