Le drame s’est produit mardi 13 janvier 2026 en fin d’après-midi à la gare RER B de Villeparisis-Mitry-le-Neuf, en Seine-et-Marne. Camélia, élève en terminale au lycée Honoré de Balzac de Mitry-Mory, s’est donnée la mort sur les voies ferrées après avoir subi, selon sa famille, des actes de harcèlement depuis décembre 2025. Le parquet de Meaux a immédiatement ouvert plusieurs enquêtes judiciaires, dont une pour harcèlement scolaire ayant conduit au suicide, un délit passible de *dix ans d’emprisonnement. Cette tragédie relance avec force le débat sur la prise en charge des victimes de violences psychologiques dans les établissements scolaires français.
La communauté éducative de cette commune située au nord-est de Paris est plongée dans la sidération depuis ce mardi fatidique. Aux alentours de 16h50, l’adolescente est descendue sur les rails à l’approche d’un train et s’est allongée sur la voie. Le conducteur du RER, qui circulait sans voyageurs à bord, n’a pas pu éviter la collision malgré un freinage d’urgence. Les analyses effectuées sur ce dernier se sont révélées négatives aux substances alcoolisées et aux stupéfiants. Les secours dépêchés sur place n’ont malheureusement pu que constater le décès de la jeune fille. Une source policière a indiqué que Camélia avait prévenu sa mère de son geste par messagerie quelques instants avant de passer à l’acte, laissant ses proches dans l’impossibilité d’intervenir à temps.
Enquête du parquet de Meaux sur le harcèlement au lycée Honoré de Balzac
Le procureur de la République de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, a détaillé dans un communiqué officiel les circonstances entourant ce drame. Les parents de l’adolescente ont expliqué aux enquêteurs que leur fille subissait des brimades répétées depuis le mois de décembre 2025. La famille affirme avoir alerté la direction de l’établissement scolaire par courrier électronique et avoir obtenu des réponses de la part des professeurs principaux avant les vacances de fin d’année. Malgré la convocation des élèves soupçonnés d’être à l’origine des faits, la situation n’aurait connu aucune amélioration lors de la reprise des cours en janvier. Le jour même de son décès, la lycéenne avait été reçue par le chef d’établissement. Selon les témoignages recueillis auprès de sa famille, l’intéressée aurait été renvoyée à sa propre responsabilité dans cette affaire, un élément qui suscite aujourd’hui une vive indignation parmi les proches et les camarades de la défunte.
Le phénomène du harcèlement scolaire constitue un véritable fléau qui touche des centaines de milliers de jeunes chaque année en France. Les conséquences psychologiques de ces violences répétées peuvent s’avérer dévastatrices pour les victimes, engendrant des troubles anxieux, des états dépressifs sévères, un décrochage scolaire progressif et, dans les cas les plus graves, des passages à l’acte suicidaire. Les spécialistes de la santé mentale soulignent que ce type de maltraitance insidieuse, souvent difficile à détecter car elle ne laisse pas de traces physiques, provoque des blessures psychiques profondes et durables. Les rumeurs, l’exclusion sociale, les moqueries incessantes et le dénigrement sur les réseaux sociaux amplifient considérablement la souffrance des jeunes ciblés, qui se retrouvent isolés et privés de tout soutien. Entre mars 2022 et fin 2024, les parquets français ont recensé plus de 10 000 affaires liées à ce phénomène, témoignant de l’ampleur du problème dans les établissements scolaires du pays.
Rassemblement devant le lycée de Mitry-Mory et tensions autour de l’affaire Camélia
Jeudi matin, entre trois et quatre cents personnes se sont réunies devant le lycée Honoré de Balzac pour rendre hommage à la jeune disparue. Des gerbes de fleurs ont été déposées tandis que plusieurs élèves prenaient la parole pour dénoncer un climat délétère au sein de l’établissement.
Une camarade de classe de la victime a confié aux médias qu’elle était « une fille super souriante » qui avait « vraiment bien caché sa souffrance ». D’autres témoignages font état de rumeurs dégradantes et de propos sexistes qui auraient circulé au sujet de l’adolescente. Une lycéenne interrogée a exprimé sa colère face à ce qu’elle qualifie d’omerta collective, estimant que de nombreuses personnes étaient au courant des tourments endurés par Camélia sans jamais intervenir. Plusieurs élèves ont également dénoncé l’existence régulière de comptes anonymes sur les réseaux sociaux servant à propager des mensonges et des insultes, un phénomène qui toucherait particulièrement les jeunes filles de l’établissement.
La situation s’est considérablement tendue depuis la survenue du drame. Le personnel de direction du lycée fait désormais l’objet de menaces violentes diffusées via les plateformes numériques. Des rassemblements se tiennent quotidiennement devant l’établissement, organisés tant par les proches de la défunte que par des personnes extérieures à l’affaire. Face à cette escalade, le parquet a diligenté deux enquêtes supplémentaires : l’une pour menaces envers une personne exerçant une fonction publique, l’autre pour harcèlement moral. Les élèves initialement soupçonnés d’avoir participé aux brimades subies par la victime se retrouvent eux-mêmes ciblés par des actes de représailles. L’académie de Créteil a indiqué ne pas envisager l’ouverture d’une enquête administrative à ce stade, arguant de l’absence de dysfonctionnement avéré dans le système d’alerte dédié au harcèlement. Une cellule de soutien psychologique a néanmoins été déployée au sein de l’établissement pour accompagner les élèves et le personnel éprouvés par cette tragédie qui rappelle cruellement l’urgence d’agir face à la détresse silencieuse des adolescents victimes de violences scolaires.




« une lycéenne de 17 ans met fin à ses jours »
RIP, ma soeur, que le monde ou tu te rends soit tendre avec toi