G20 : l'Afrique du Sud fait un choix radical face aux tensions avec les USA

Le sommet du G20 organisé par l’Afrique du Sud en 2025 a marqué un tournant dans les relations avec Washington. Les tensions se sont multipliées : accusations américaines sur la gouvernance interne, boycott de la délégation américaine, refus de Washington de reconnaître une passation de présidence régulière. À chaque étape, le fossé s’est creusé entre Pretoria et l’administration Trump, transformant un événement diplomatique en affrontement de principe. Après le sommet du G20 2025, Trump a annoncé l’exclusion de l’Afrique du Sud du G20 pour 2026. Cette escalade diplomatique a conduit aujourd’hui Johannesburg à une décision majeure.

L’Afrique du Sud se retire temporairement du G20

Annoncée lors du Forum économique mondial à Davos, la décision de l’Afrique du Sud de se retirer du G20 pour l’année 2026 représente un tournant significatif. Le ministre des Finances sud-africain, Enoch Godongwana, a présenté cette mesure non comme une capitulation, mais comme une évaluation pragmatique des obstacles administratifs posés par Washington à la participation sud-africaine.

L’enjeu central concerne l’accréditation des délégations. Selon Godongwana, les États-Unis contrôlent un instrument décisif : la capacité à accréditer ou refuser l’accès à la délégation sud-africaine aux réunions du G20. Sans cette accréditation officielle, la présence de représentants du pays devient impossible, même la plus symbolique. Cette mécanique transforme l’exercice d’une fonction au sein du forum en une question de reconnaissance unilatérale plutôt que de droit établi.

Publicité

Pour Pretoria, le retrait temporaire représente un calcul lucide. Accepter une présence sans accréditation lors de la présidence américaine revient à accepter une participation de second ordre. En choisissant de se retirer pour 2026, le gouvernement sud-africain préserve sa dignité institutionnelle tout en refusant de se soumettre aux conditions imposées par Washington.

L’espoir d’un retour sous la présidence britannique

La stratégie sud-africaine repose entièrement sur un changement de situation politique. En 2027, la présidence du G20 passera au Royaume-Uni selon le ministre. Il exprime sa conviction que Londres n’adoptera pas la même posture restrictive que les États-Unis. Cette transition de pouvoir offre à l’Afrique du Sud une fenêtre pour réintégrer le forum dans des conditions qui respectent son statut de membre fondateur sur le continent africain.

Cette projection révèle une certitude : les tensions actuelles avec Washington ne sont perçues à Johannesburg que comme une perturbation cyclique, non comme une rupture définitive. Le gouvernement sud-africain refuse de voir son exclusion comme structurelle et préfère l’interpréter comme le produit de circonstances politiques spécifiques à l’administration Trump.

En acceptant un « congé » volontaire plutôt qu’une exclusion imposée, l’Afrique du Sud maintient techniquement son statut de membre du G20 tout en évitant l’humiliation d’être écartée. Cette distinction, bien que subtile sur le plan juridique, revêt une importance considérable pour la diplomatie sud-africaine. Elle permet à Pretoria de présenter sa décision comme le fruit d’un choix souverain plutôt que comme la conséquence d’une sanction américaine.

Laisser un commentaire