Condamné à la perpétuité pour son implication dans la répression sanglante du 28 septembre 2009, l’officier guinéen s’est éteint ce mardi 6 janvier 2026 à l’hôpital militaire de Conakry. Les autorités judiciaires ont ordonné une autopsie.
Un acteur clé d’une tragédie nationale
Le 28 septembre 2009, la Guinée basculait dans l’horreur. Des dizaines de milliers de citoyens s’étaient rassemblés pacifiquement dans l’enceinte du stade éponyme de Conakry pour exprimer leur opposition aux ambitions présidentielles de Moussa Dadis Camara, alors à la tête du pays. Aux alentours de midi, des éléments des forces de défense et de sécurité, notamment les « bérets rouges » de la garde présidentielle, ont encerclé le site et ouvert le feu sur la foule désarmée.
Le bilan de cette journée reste gravé dans la mémoire collective guinéenne : plus de 150 personnes ont perdu la vie selon les organisations internationales de défense des droits humains, tandis que plus d’un millier de blessés ont été dénombrés. Au-delà des morts, plus d’une centaine de femmes ont subi des violences sexuelles, certaines à caractère particulièrement dégradant. Human Rights Watch a qualifié ces actes de prémédités, évoquant des tentatives de dissimulation des corps par les forces armées dans les jours suivants.
Claude Pivi, surnommé « Coplan », occupait à l’époque le poste stratégique de responsable de la sécurité présidentielle avec rang ministériel. En juillet 2024, le tribunal criminel de Dixinn l’a reconnu coupable de crimes contre l’humanité du fait de sa responsabilité hiérarchique. La sentence prononcée était la plus lourde du procès : réclusion à perpétuité assortie d’une période de sûreté de vingt-cinq années.
Une fin de vie marquée par la maladie et la cavale
Absent lors du prononcé du verdict en juillet 2024, l’ancien officier avait réussi à s’échapper de la maison centrale de Conakry dans la nuit du 3 au 4 novembre 2023. Une opération spectaculaire menée par un groupe armé, dont son fils Verny Pivi était présenté comme l’organisateur, avait permis l’extraction de plusieurs détenus du procès historique. Si l’ancien président Dadis Camara et d’autres accusés s’étaient rapidement rendus aux autorités, Claude Pivi avait choisi la fuite, devenant l’homme le plus recherché du pays. Le gouvernement avait même fixé une récompense de 500 millions de francs guinéens pour toute information menant à sa capture.
Sa cavale a pris fin mi-septembre 2024 au Liberia voisin, où les forces de l’ordre l’ont interpellé lors d’un contrôle de routine non loin de la frontière guinéenne. Les images diffusées sur les réseaux sociaux montraient un homme visiblement affaibli, loin de l’officier redouté d’autrefois. Transféré à la prison de Coyah, il y purgeait sa peine depuis le 19 septembre 2024.
Selon le communiqué du parquet général de Conakry, le détenu souffrait de plusieurs pathologies chroniques : diabète, hypertension artérielle et goutte. Le 4 janvier dernier, une chute brutale de sa glycémie a nécessité son évacuation vers l’hôpital militaire du Camp Almamy Samory Touré. Malgré quarante-huit heures de soins intensifs, il a succombé ce mardi 6 janvier dans un état de coma.
Les autorités judiciaires ont indiqué que le non-respect du traitement médical prescrit serait à l’origine de cette dégradation fatale. Une autopsie a été ordonnée par le procureur du tribunal de Coyah afin d’établir avec précision les circonstances de ce décès en détention. Les conclusions de cet examen feront l’objet d’une communication ultérieure.
Cette disparition intervient alors que les victimes du massacre et leurs familles attendaient depuis près de quinze ans que justice soit rendue. Le procès ouvert en septembre 2022, treize ans jour pour jour après la tragédie, avait constitué une étape majeure dans la lutte contre l’impunité en Guinée.
Des années de privation de liberté ça joue sur la santé d’un homme.
Il était physiquement diminué lors de son interpellation au Liberia.
Sa masse pondérale étant aussi un facteur aggravant ayant une conséquence sur la détérioration brusque de son état de santé et de son décès.
Diabète, hypertension artérielle, goutte ???
Que Dieu nous en preserve 🙏
Son état de santé nécessitait-il une détention ???
Toute la question qu’on est en droit de se poser dans les pays tropicaux.
Que le miséricordieux l’accueil dans son royaume céleste.
Paix profonde à son âme et sincères condoléances à sa famille.
Coplan c’était un soldat , un vrai .
J’avoue.