Incident électrique en plein vol : Trump contraint de faire demi-tour à bord d'Air Force One

Le président américain Donald Trump a vu son déplacement vers le Forum économique mondial perturbé dans la nuit de mardi à mercredi, après qu’un problème électrique a forcé Air Force One à rebrousser chemin peu après son décollage. L’avion présidentiel a dû retourner à la base aérienne de Joint Base Andrews, dans le Maryland, obligeant le chef de l’État à embarquer sur un appareil de remplacement pour poursuivre sa route vers la Suisse. Cet incident intervient alors que Trump se prépare à affronter des alliés européens particulièrement remontés contre ses ambitions territoriales sur le Groenland et ses menaces de sanctions commerciales.

Les lumières de la cabine presse se sont brièvement éteintes quelques minutes après que l’imposant Boeing 747-200B a quitté le tarmac de la base militaire située près de Washington. L’équipage a alors détecté ce que la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a qualifié de dysfonctionnement électrique mineur. Par mesure de précaution, la décision a été prise de faire demi-tour environ trente minutes après le décollage, qui avait eu lieu peu après 21h40 heure locale. L’appareil s’est posé sans encombre à 23h07, mettant fin à une situation qui aurait pu s’avérer bien plus préoccupante compte tenu des systèmes sophistiqués embarqués à bord de l’avion présidentiel américain.

Le locataire de la Maison Blanche n’a pas tardé à reprendre son voyage vers la station alpine suisse. Après avoir quitté le Boeing 747 immobilisé, il a embarqué à bord d’un C-32, version militaire du Boeing 757 habituellement réservée aux déplacements intérieurs vers des aéroports disposant de pistes plus courtes. Ce second appareil a décollé peu après minuit, accusant un retard de plus de deux heures sur le programme initial. Scott Bessent, secrétaire au Trésor déjà présent à Davos, a fait savoir que le président arriverait avec environ trois heures de décalage par rapport à l’horaire prévu.

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Une flotte présidentielle américaine vieillissante sous pression

Cet épisode montre la situation préoccupante des deux Boeing VC-25A qui assurent depuis près de quatre décennies le transport du président des États-Unis. Entrés en service en 1990, ces appareils ont d’abord transporté George H.W. Bush avant de servir tous ses successeurs. Leur remplacement par deux nouveaux Boeing 747-8 modifiés, désignés VC-25B, accumule les retards depuis plusieurs années. Initialement attendue pour 2024, la livraison du premier appareil ne devrait désormais intervenir qu’à la mi-2028, selon les dernières estimations de l’US Air Force. Les perturbations liées à la pandémie de Covid-19, les difficultés d’approvisionnement, les erreurs de conception du câblage et la pénurie de techniciens disposant des habilitations de sécurité nécessaires expliquent ces reports successifs qui ont engendré des pertes colossales pour Boeing.

Face à ces délais, l’administration Trump a accepté l’année dernière un Boeing 747-8 offert par la famille royale du Qatar, un appareil actuellement en cours de modification pour répondre aux exigences sécuritaires présidentielles. Leavitt n’a pas manqué d’ironiser auprès des journalistes présents à bord mardi soir, estimant que l’avion qatari semblait soudain bien plus attrayant. Cet incident n’est d’ailleurs pas isolé parmi les hauts responsables américains : en février dernier, un avion transportant le secrétaire d’État Marco Rubio vers l’Allemagne avait également dû faire demi-tour en raison d’une défaillance mécanique, tandis qu’en octobre, l’appareil du secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait effectué un atterrissage d’urgence au Royaume-Uni après qu’une fissure fut découverte sur le pare-brise.

Trump face aux tensions transatlantiques sur le Groenland au Forum de Davos

Le discours que doit prononcer le président américain ce mercredi revêt une importance capitale dans le contexte actuel de crispation avec les alliés européens. Cette intervention constitue sa première allocution majeure depuis l’anniversaire de son retour au pouvoir et pourrait marquer un tournant dans les relations transatlantiques. Ses déclarations répétées affirmant que l’acquisition du Groenland représente un impératif pour la sécurité nationale et mondiale ont provoqué une levée de boucliers sans précédent. Le Danemark, dont dépend ce territoire autonome riche en ressources minérales, a vu ses représentants gouvernementaux décliner l’invitation à participer au forum suisse. Les dirigeants européens ont qualifié les menaces tarifaires brandies par Washington de chantage inacceptable, tandis que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a promis une réponse unie et proportionnée.

L’annonce de droits de douane pouvant atteindre 25% sur les importations en provenance de huit pays européens ayant manifesté leur soutien à Copenhague a considérablement durci le ton des échanges. Le président français Emmanuel Macron a dénoncé depuis Davos des mesures visant à subordonner l’Europe, tandis que des responsables lituaniens ont averti qu’une action militaire américaine contre un allié signifierait la fin de l’OTAN. Trump a par ailleurs publié sur les réseaux sociaux une image générée par intelligence artificielle le montrant plantant un drapeau américain au Groenland, accompagnée de la mention territoire américain établi en 2026.

Les enjeux économiques et diplomatiques du discours de Trump à Davos

La teneur du discours présidentiel semble avoir évolué ces derniers jours. Alors que la Maison Blanche indiquait initialement que Trump souhaitait mettre l’accent sur la lutte contre le coût de la vie, préoccupation majeure à l’approche des élections de mi-mandat de 2026, l’orientation paraît désormais résolument tournée vers les questions de sécurité internationale et les ambitions territoriales américaines. Plus de soixante chefs d’État, 850 dirigeants d’entreprises et près de 3000 participants sont réunis cette semaine dans la station alpine sous le thème ironiquement baptisé esprit de dialogue. Le président américain devrait rencontrer des dirigeants du monde des affaires après son allocution, lors d’une réception rassemblant des figures de la finance, des cryptomonnaies et du conseil.

Cette troisième participation de Trump au forum en tant que président, la première en personne depuis 2020, intervient également alors que planent des interrogations sur ses projets concernant le Venezuela, sa posture intransigeante envers l’Iran et les négociations pour mettre fin au conflit en Ukraine. Une annonce concernant son projet de conseil de paix pour Gaza pourrait également figurer au programme. Les observateurs scruteront attentivement si le chef de l’État américain cherchera à apaiser les tensions ou confirmera une approche fondée sur la coercition économique et les démonstrations de force, dans un contexte où même certains de ses proches auraient exprimé en privé des réserves quant à sa rhétorique agressive envers des alliés historiques.

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