Le streamer américain Darren Watkins Jr., connu sous le pseudonyme IShowSpeed, achève une tournée historique à travers vingt pays africains. Lancée le 29 décembre 2025, cette odyssée de 28 jours diffusée en direct a captivé des dizaines de millions de spectateurs à travers le monde. Entre immersions culturelles, rencontres avec les populations locales et moments viraux, le créateur de contenus a offert une représentation inédite du continent, loin des stéréotypes véhiculés par les médias traditionnels.
L’Afrique n’avait jamais connu pareille exposition numérique. Armé de son smartphone et de sa connexion internet, le jeune Américain de 21 ans a parcouru le continent du sud au nord, de l’Angola à la Namibie, en passant par des étapes mémorables au Kenya, en Éthiopie, au Nigeria ou encore au Bénin. Chaque escale a généré son lot de moments forts, partagés instantanément avec une communauté mondiale avide de découvertes authentiques. Les foules massives venues l’accueillir dans chaque pays témoignent de l’engouement sans précédent suscité par cette initiative baptisée « Speed Does Africa », sponsorisée par le géant du voyage Expedia.
Darren Watkins Jr. a bâti son empire numérique pierre après pierre depuis une décennie. Originaire de Cincinnati dans l’Ohio, ce passionné de jeux vidéo a d’abord percé grâce à ses contenus sur NBA 2K avant d’élargir son registre aux streams en direct où son énergie débordante et son style imprévisible ont conquis les foules. Sa personnalité explosive, ses réactions exagérées et sa proximité avec sa communauté lui ont permis d’atteindre des sommets de popularité. Le magazine Rolling Stone l’a consacré créateur le plus influent de 2025, tandis que Forbes estime sa fortune à 20 millions de dollars. Avec désormais plus de 50 millions d’abonnés sur YouTube, un cap franchi durant son passage à Lagos pour son 21e anniversaire, il figure parmi les streamers les plus suivis de la planète. Cette tournée africaine représente l’aboutissement d’un parcours qui l’a déjà conduit en Amérique du Sud, en Asie, en Europe et en Océanie.
Une immersion culturelle du Cap au Caire qui redessine l’image de l’Afrique
Les moments les plus marquants de ce périple illustrent la richesse et la diversité du continent. En Afrique du Sud, le streamer a célébré le passage à la nouvelle année au Cap, s’essayant aux danses amapiano et interagissant avec des guépards. Au royaume d’Eswatini, une cérémonie traditionnelle l’a officiellement intronisé guerrier d’une tribu locale, lui attribuant un nom autochtone. Le Bénin a constitué une étape particulièrement intense sur le plan spirituel : à Ouidah, haut lieu de la mémoire de la traite transatlantique, il a visité le légendaire Temple des Pythons où il a pu tenir ces serpents sacrés vénérés par la religion vodun. Face aux masques traditionnels animés par des performeurs cachés, il les a confondus avec des robots, provoquant l’hilarité de ses spectateurs. En Côte d’Ivoire, la communauté de Yopougon l’a baptisé « Djoman Aketou » après qu’il se soit initié à la danse du masque Zaouli.
L’impact mondial d’IShowSpeed sur la perception du continent africain
Cette tournée dépasse largement le simple divertissement. Elle a provoqué une prise de conscience chez de nombreux Afro-Américains qui découvraient, médusés, la réalité d’un continent longtemps caricaturé. Les réactions de jeunes spectateurs américains sont éloquentes, certains avouant avoir cru aux stéréotypes sur l’absence d’infrastructures modernes en Afrique. Au Ghana, ultime grande étape avant la Namibie, le streamer a révélé que ses ancêtres étaient originaires de ce pays, déclarant avec émotion être « de retour chez lui ». Sa visite de la Maison des Esclaves sur l’île de Gorée au Sénégal a également souligné la dimension mémorielle de ce voyage.
Le 18 janvier, son apparition surprise déguisé en mascotte lion lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations entre le Maroc et le Sénégal a parachevé cette aventure sous les projecteurs du football continental.
Ce jeune homme de 21 ans aura accompli en moins d’un mois ce que des décennies de diplomatie culturelle n’avaient pas réussi à produire : offrir au monde une Afrique vivante, moderne et plurielle, racontée sans filtre ni condescendance. Les retombées touristiques et l’intérêt renouvelé pour les destinations visitées pourraient bien perdurer au-delà du buzz numérique.



