La Chine dénonce l’usage de la « menace chinoise » dans la stratégie américaine

La Chine a appelé les États-Unis à cesser d’invoquer la prétendue « menace chinoise » pour justifier certaines décisions politiques et diplomatiques. L’appel a été formulé à Pékin par Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’un point de presse officiel rapporte Xinhua. Selon les autorités chinoises, cette rhétorique sert avant tout des intérêts unilatéraux. L’enjeu central concerne la manière dont la rivalité sino-américaine influence les équilibres géopolitiques mondiaux. Les tensions persistantes entre les deux puissances continuent d’alimenter les débats sur l’ordre international et la coopération multilatérale.

La déclaration chinoise intervient alors que Washington multiplie les initiatives sécuritaires, économiques et diplomatiques, souvent présentées comme des réponses à l’influence croissante de Pékin. Pour les autorités chinoises, cette approche entretient une perception négative qui ne reflète pas la réalité de leurs intentions. Elles estiment que l’argument de la « menace » est utilisé pour légitimer des choix qui, selon elles, relèvent davantage de calculs stratégiques que de préoccupations sécuritaires réelles. Cette critique s’inscrit dans une série de prises de position visant à défendre l’image de la Chine sur la scène internationale et à contester les récits dominants portés par les États-Unis.

Chine – États-Unis : une critique directe de la rhétorique américaine

À Pékin, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a exhorté Washington à revoir son discours, estimant que l’invocation répétée d’un danger chinois servait surtout à justifier des politiques alignées sur les intérêts américains. Selon lui, la coopération internationale devrait se fonder sur le respect mutuel, la souveraineté des États et les principes inscrits dans la Charte des Nations unies. Il a rappelé que la Chine soutient le multilatéralisme et s’oppose à toute instrumentalisation des questions sécuritaires à des fins politiques ou économiques.

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Les autorités chinoises soulignent que certaines décisions américaines, notamment en matière de commerce, de technologie ou de présence stratégique dans des régions sensibles, sont souvent présentées comme des mesures de protection face à l’influence de Pékin. Or, pour la Chine, ces actions pourraient plutôt traduire une volonté de préserver une position dominante dans des secteurs clés. Le discours officiel insiste sur l’importance d’un dialogue équilibré, sans stigmatisation systématique d’un partenaire majeur.

Cette position intervient dans un climat marqué par des échanges diplomatiques parfois tendus, mais aussi par des tentatives ponctuelles de stabilisation. Les deux pays continuent de coopérer sur certains dossiers internationaux, tout en restant en désaccord sur de nombreux sujets. Pékin affirme vouloir éviter une escalade verbale ou politique, tout en défendant fermement ses intérêts et son image.

Rivalité Chine – États-Unis : enjeux géopolitiques, économiques et technologiques

Depuis plus d’une décennie, la relation entre la Chine et les États-Unis est dominée par une concurrence stratégique aux multiples facettes. Sur le plan économique, les différends commerciaux, les droits de douane et les restrictions à l’exportation de technologies sensibles ont profondément modifié les échanges bilatéraux. Les États-Unis ont renforcé les contrôles sur les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle et les télécommunications, tandis que la Chine investit massivement pour développer ses propres capacités industrielles et réduire sa dépendance extérieure.

La dimension technologique est devenue un terrain central de cette rivalité. Des entreprises chinoises du secteur numérique ont fait l’objet de mesures restrictives aux États-Unis, au nom de la sécurité nationale. Pékin, de son côté, considère ces décisions comme des tentatives de freiner son essor technologique. Cette compétition s’étend également aux normes internationales, à la gouvernance du cyberespace et à la définition des standards industriels.

Sur le plan géopolitique, les désaccords concernent notamment l’Indo-Pacifique, Taïwan, la mer de Chine méridionale et certaines zones stratégiques comme l’Arctique. Les États-Unis y renforcent leur présence diplomatique et militaire, souvent en coordination avec des alliés, tandis que la Chine défend une approche fondée sur la non-ingérence et la reconnaissance de ses intérêts régionaux. Cette opposition reflète deux visions différentes de l’ordre mondial : l’une axée sur des alliances structurées, l’autre sur un multilatéralisme centré sur les États souverains.

À ces dimensions s’ajoute un volet idéologique. Les deux puissances promeuvent des modèles de gouvernance distincts et cherchent à accroître leur influence dans les organisations internationales, en Afrique, en Asie et dans d’autres régions du monde. La bataille des récits, notamment autour de la notion de « menace », joue un rôle clé dans cette compétition d’influence.

Diplomatie chinoise : appel au respect du droit international

Dans sa communication récente, Pékin a mis en avant l’importance du cadre juridique international. Les responsables chinois estiment que les différends doivent être gérés dans le respect des règles communes, sans recourir à des narratifs qui alimentent la méfiance. La référence à la Charte des Nations unies vise à rappeler les principes de souveraineté, de non-recours à la force et de règlement pacifique des différends.

La Chine affirme que son développement économique et technologique ne constitue pas une menace, mais une opportunité pour la coopération mondiale. Elle met en avant ses partenariats commerciaux, ses investissements dans les infrastructures et sa participation aux initiatives multilatérales. Pour Pékin, l’utilisation d’un discours alarmiste pourrait fragiliser les mécanismes de coopération et compliquer la gestion des défis globaux, tels que le changement climatique, la stabilité financière ou la sécurité sanitaire.

Les autorités chinoises appellent donc à une approche plus équilibrée, fondée sur la concertation et la reconnaissance des intérêts mutuels. Elles estiment qu’une relation sino-américaine plus stable bénéficierait non seulement aux deux pays, mais aussi à l’ensemble de la communauté internationale.

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