La Banque mondiale anticipe une croissance économique de 7 % pour le Bénin en 2026, plaçant le pays en pole position au sein de l’Union économique et monétaire ouest‑africaine (UEMOA). Cette projection s’insère dans la continuité d’une trajectoire dynamique portée par les services et l’industrie. Le Bénin pourrait ainsi enregistrer la croissance la plus élevée de l’UEMOA en 2026. Les perspectives régionales soulignent des enjeux économiques importants pour l’avenir du pays et de l’Union.
Une économie béninoise dynamique dans une UEMOA en reconstruction
La zone UEMOA, composée du Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo, partage une monnaie commune (le franc CFA) et des politiques économiques harmonisées. Après les ralentissements liés à la pandémie de la COVID et à certaines crises sécuritaires, la région retrouve une croissance positive, portée par les investissements publics, le commerce et l’agriculture. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso voient leur développement freiné par l’insécurité, et la Guinée-Bissau reste économiquement fragile. La zone fait face à des défis communs, tels que la dépendance aux matières premières, le besoin d’infrastructures, la création d’emplois et les chocs externes et climatiques.
L’économie du Bénin a connu un regain d’activité remarquable ces dernières années, en particulier depuis 2024, où sa croissance a atteint 7,5 %, un sommet historique depuis trois décennies, principalement soutenue par les secteurs des services et de l’industrie. Selon les dernières données disponibles du rapport Global Economic Prospects de la Banque mondiale, publiées le 13 janvier 2026, cette tendance devrait se prolonger en 2026 avec une croissance attendue à 7 %. Ce niveau, bien qu’un peu inférieur à la prévision de 7,3 % pour 2025, demeure supérieur à celui projeté pour tous les autres États membres de l’UEMOA pour cette période.
Au sein de cette Union économique et monétaire ouest‑africaine, les prévisions de croissance montrent des écarts marqués entre les économies membres. Après le Bénin, le Niger est attendu à 6,7 %, suivi de la Côte d’Ivoire à 6,4 %, tandis que le Togo devrait afficher 5,4 % et la Guinée‑Bissau 5,2 % en 2026. Plus loin derrière, le Mali devrait progresser de 5 %, le Burkina Faso de 4,9 %, et le Sénégal d’environ 4,1 %, montrant un contraste notable au sein de l’UEMOA en termes de dynamisme économique.
Performance économique du Bénin : leviers et trajectoires de croissance
L’élan de croissance observé au Bénin repose selon le rapport, sur une combinaison de facteurs internes qui ont renforcé la résilience de l’économie face aux incertitudes internationales. La politique macroéconomique du pays, jugée saine par les institutions financières internationales, a favorisé un climat propice à l’activité des entreprises et à l’investissement. À cela s’ajoutent des réformes structurelles visant à diversifier l’économie, notamment à travers le renforcement des secteurs industriel et des services.
Les prévisions de croissance à moyen terme restent favorables, avec une moyenne de 7,1 % attendue entre 2025 et 2027. Selon le rapport, cette trajectoire positive est également soutenue par des projets structurants, tels que l’ouverture prochaine du pôle agroalimentaire du Grand Nokoué à Abomey‑Calavi et la reprise progressive de la production pétrolière à Sème‑Podji, qui pourraient stimuler l’activité économique et élargir la base productive.
En outre, la maîtrise de l’inflation et le renforcement de la mobilisation des recettes intérieures sont cités comme des éléments clés pour soutenir une croissance plus inclusive. Un meilleur rendement des recettes fiscales, combiné à une politique budgétaire prudente, contribuerait à réduire la pauvreté et à améliorer le bien‑être des populations, tout en consolidant la stabilité macroéconomique.
Défis de l’UEMOA : disparités, dettes et risques structurels
Dans l’ensemble de l’Union, la croissance demeure solide mais inégale, reflétant des défis structurels. La Banque mondiale note que les écarts de revenu par habitant continuent de s’élargir entre les États membres, accentués par des rythmes de croissance qui divergent significativement. Certains pays doivent également faire face à des niveaux élevés de dette publique, qui peuvent contraindre leur capacité à investir dans des secteurs clés et à soutenir durablement leur économie.
Parmi les soucis régionaux notés récemment, des épisodes de tensions socio‑politiques et de perturbations économiques ont pesé sur les perspectives de certains pays. Par exemple, la Guinée‑Bissau a connu un coup d’État, tandis que des perturbations de l’approvisionnement en carburant au Mali ont impacté les activités économiques locales. Ces événements montrent la sensibilité des économies de l’Union à des chocs internes et externes, soulignant la nécessité de renforcer les cadres institutionnels et de gouvernance pour une croissance plus robuste et résiliente.
La Banque Mondiale note que des institutions internationales, comme le Fonds monétaire international, ont ajusté leurs prévisions à la baisse pour certaines périodes, reflétant les incertitudes qui pèsent sur l’économie régionale. Mais malgré ces défis, la perspective demeure que l’UEMOA conserve un potentiel de croissance important, porté par une population jeune et des marchés internes dynamiques.
Perspectives et enjeux pour un développement durable
Alors que le Bénin se prépare à consolider sa position de locomotive de la croissance au sein de l’UEMOA en 2026, des efforts continus seront nécessaires pour traduire cette performance macroéconomique en améliorations tangibles du niveau de vie de la population. Une croissance forte et soutenue peut favoriser la création d’emplois, la réduction de la pauvreté et une meilleure intégration dans les chaînes de valeur régionales et mondiales, à condition que des politiques sociales et économiques adéquates accompagnent cette dynamique.
L’harmonisation des cadres politiques au sein de la zone pourrait également renforcer la résilience collective face aux chocs externes, tout en attirant davantage d’investissements étrangers et locaux. Pour le Bénin et ses voisins de l’UEMOA, l’enjeu reste de transformer la croissance économique en progrès social durable, en tirant parti des secteurs porteurs et en consolidant les acquis institutionnels.
Avec une croissance projetée à 7 % en 2026, le Bénin se positionne comme un acteur clé de la reprise économique ouest‑africaine, montrant à la fois les opportunités et les défis qui accompagnent le développement dans la région.



