L'Iran à Trump : « nos forces armées sont prêtes au pire »

Les tensions entre Washington et Téhéran atteignent un niveau critique après le déploiement massif de forces américaines au Moyen-Orient ces derniers jours. Plusieurs dizaines de chasseurs F-15, F-16 et F-35, accompagnés de bombardiers B-2 Spirit et du porte-avions USS Abraham Lincoln, convergent vers la région du golfe Persique. Ce renforcement militaire spectaculaire intervient alors que le président Donald Trump continue de presser ses conseillers pour obtenir des options d’intervention « décisives » contre la République islamique. Face à cette démonstration de force sans précédent depuis les frappes de juin 2025 contre les installations nucléaires iraniennes, le régime de Téhéran adopte une posture de fermeté absolue.

Un haut responsable iranien, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a durci encore davantage la position de Téhéran. Interrogé sur le déploiement militaire américain, il a affirmé que les forces armées iraniennes se préparent au scénario le plus sombre selon Reuters. « Nous espérons que ce déploiement militaire n’est pas destiné à une confrontation réelle mais nos forces armées sont prêtes au pire », a-t-il déclaré, précisant que l’Iran se trouve désormais en état d’alerte maximale. Selon lui, toute offensive américaine, quelle que soit sa nature, sera considérée comme une agression totale nécessitant une réponse maximale pour y mettre fin.

Le ministre des Affaires étrangères iranien brandit la menace d’une riposte totale

Abbas Araghchi, chef de la diplomatie iranienne, a durci le ton en avertissant que son pays « ripostera avec tout ce qu’il possède » en cas de nouvelle offensive militaire. Cette mise en garde ne relève pas de la simple posture diplomatique. Depuis le conflit éclair de douze jours avec Israël en juin dernier, l’Iran a méthodiquement reconstitué ses stocks de missiles et bénéficié de livraisons importantes de matériel défensif en provenance de Chine. Les capacités militaires iraniennes se trouvent aujourd’hui renforcées, permettant au régime islamique de mobiliser une riposte substantielle.

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La détermination affichée par Téhéran s’explique également par la crise intérieure que traverse le pays. Depuis fin décembre 2025, une vague de manifestations sans précédent secoue l’Iran, accompagnée d’une répression sanglante qui aurait fait au moins 3919 morts selon les organisations de défense des droits humains. L’économie iranienne chancelle après une année marquée par une forte dévaluation du rial, conséquence directe du conflit avec Israël. La grogne populaire grandissante pousse le pouvoir à projeter une image de force face à la menace extérieure américaine.

Les États-Unis intensifient leur présence militaire après une hésitation initiale

Le Pentagone avait initialement envisagé mi-janvier une intervention pour soutenir les manifestants anti-gouvernementaux iraniens. L’état-major avait alors convaincu Donald Trump qu’une telle action n’était pas encore réalisable faute de forces suffisantes dans la région. Cette situation a radicalement changé. Environ douze F-15E ont décollé le 18 janvier en direction du Moyen-Orient, escortés par des ravitailleurs KC-135 Stratotanker. Des Eurofighter Typhoon de la Royal Air Force britannique ont rejoint le Qatar, ajoutant une dimension défensive à la présence occidentale.

Le porte-avions USS Abraham Lincoln, qui a franchi le détroit de Malacca mardi dernier, se dirige vers le golfe Persique avec son escorte de trois destroyers lance-missiles. À son bord, une escadrille complète comprenant des F-35C Lightning II, des F-18 Super Hornet et des avions de guerre électronique EA-18 Growler capables de neutraliser les systèmes de défense aérienne iraniens. Des A-10 Thunderbolt II et des avions-cargos C-17 Globemaster III complètent ce dispositif impressionnant, transportant munitions et matériel logistique.

Israël a relevé son niveau d’alerte sécuritaire au maximum tandis que les services de renseignement européens suivent l’évolution de la situation avec une attention extrême. Certains analystes militaires estiment cependant que les gesticulations américaines des derniers jours pourraient constituer un « brouillard de guerre » destiné à détourner l’attention de Téhéran sur d’autres objectifs stratégiques.

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