Nucléaire : les USA veulent tourner le dos à la Russie avec l'aide de la France

Longtemps relégué à l’arrière-plan des politiques énergétiques occidentales, le nucléaire est redevenu un pilier central de la sécurité énergétique. Capable de produire de l’électricité en continu, sans émissions directes de carbone, il reste l’un des rares leviers permettant de concilier souveraineté industrielle, stabilité des réseaux et objectifs climatiques. Mais cette filière repose sur une chaîne d’approvisionnement sensible, en particulier pour l’uranium enrichi, un maillon stratégique dont la maîtrise conditionne le fonctionnement même des centrales. C’est précisément sur ce terrain que les États-Unis ont décidé d’opérer un changement majeur, avec un partenaire clé : la France.

États-Unis : nucléaire et indépendance énergétique face à l’uranium russe

Les États-Unis cherchent désormais à réduire leur dépendance à l’uranium enrichi en provenance de Russie, un matériau indispensable à la production d’électricité nucléaire. Cette volonté, largement partagée à Washington, marque une rare convergence politique autour d’un sujet énergétique jugé critique. L’objectif est clair : sécuriser l’approvisionnement national en s’appuyant sur des capacités de production installées sur le sol américain, plutôt que sur des importations devenues politiquement et stratégiquement problématiques.

Pour atteindre ce but, le ministère américain de l’Énergie a décidé de soutenir financièrement des projets capables de renforcer rapidement la filière domestique. L’enjeu n’est pas uniquement énergétique. Il touche aussi à la résilience industrielle, à la continuité du service électrique et à la capacité du pays à piloter seul un secteur jugé vital.

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Orano bénéficie d’un investissement stratégique des USA

Dans cette réorientation, la France occupe une place centrale. D’après Le Figaro, le groupe Orano, acteur majeur du nucléaire civil, a été retenu par les autorités américaines pour bénéficier d’un financement public de 900 millions de dollars. Cette enveloppe doit contribuer à la construction d’une installation de production d’uranium enrichi aux États-Unis, une première pour le groupe français dans le pays.

Le projet, dont le coût total est évalué à près de 5 milliards de dollars, vise à doter les USA d’une capacité industrielle durable dans un domaine jusqu’ici partiellement externalisé. Pour Orano, cette sélection traduit la reconnaissance de son savoir-faire technologique et de son expérience dans la gestion de chaînes nucléaires complexes. Pour Washington, elle permet de s’appuyer sur un partenaire déjà éprouvé, sans repartir de zéro.

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