«On a peur de Donald Trump» : les aveux de Sylvie Bermann, ex-ambassadrice de France

Début janvier 2026, une opération américaine a conduit à l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro. Transporté aux États-Unis, il fait face à des accusations pour trafic de drogues et d’armes. La France a réagi avec prudence : Emmanuel Macron n’a pas qualifié l’événement de coup d’État et n’a pas dénoncé directement de manquement au droit international, insistant seulement sur la nécessité d’une transition politique pacifique. Pour Sylvie Bermann, ancienne diplomate, cette retenue reflète la crainte qu’inspire le poids des États-Unis sur la scène mondiale.

Macron et la délicate position européenne face aux États-Unis

Auditionnée au Sénat ce mercredi 7 janvier, Sylvie Bermann a souligné que la discrétion du président français révèle un traitement inégal fréquent dans les relations internationales. Les interventions militaires sont rapidement qualifiées de violations du droit ou de coups d’État lorsqu’elles concernent de petits pays, mais cette rigueur disparaît dès qu’une puissance comme les États-Unis agit. La France choisit alors un discours mesuré, évitant de fâcher un acteur capable de peser fortement sur l’équilibre mondial.

Cette approche rappelle des incohérences passées : la France s’était opposée à la guerre en Irak et a privilégié une solution diplomatique, mais a dénoncé la guerre en Ukraine comme une agression injustifiée et soutient des sanctions et l’aide à Kyiv au nom du droit international. Pour l’ancienne ambassadrice, ces différences d’appréciation renforcent la perception que certaines règles internationales sont appliquées de manière inégale selon la taille et l’influence des pays impliqués.

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Maduro et les limites de l’ingérence extérieure

Maduro est souvent décrit comme un dirigeant autoritaire ayant manipulé les élections, mais cela ne rend pas automatique l’intervention militaire d’un pays tiers. Bermann souligne que les tentatives passées de remodeler des gouvernements étrangers sous prétexte de défendre la démocratie ont entraîné des crises profondes, comme en Irak ou en Libye. Même si la méthode employée pour écarter Maduro diffère de ces précédents, elle reste problématique pour les normes internationales, tout en soutenant temporairement des dirigeants considérés comme plus acceptables.

La position française reflète donc un dilemme : promouvoir des principes démocratiques sans provoquer de confrontation directe avec une puissance dominante. Macron a adopté un ton nuancé, ajusté à plusieurs reprises pour clarifier la ligne officielle, mais sans attaquer frontalement l’action américaine.

Une réflexion sur le langage et le pouvoir mondial

Pour l’ex-ambassadrice, la capture de Maduro révèle comment la peur et l’influence façonnent les mots et les réactions diplomatiques. Les grandes puissances peuvent agir librement, tandis que les pays plus modestes subissent un traitement plus sévère. La question de savoir si la défense de la démocratie justifie le renversement d’un gouvernement reste complexe, et la retenue de la France montre que les décisions sont souvent guidées par la prudence plus que par le principe.

L’arrestation de Maduro souligne non seulement la force militaire américaine, mais aussi la manière dont les États européens adaptent leur communication pour éviter tout conflit direct, tout en cherchant à défendre les valeurs qu’ils jugent essentielles.

2 réflexions au sujet de “«On a peur de Donald Trump» : les aveux de Sylvie Bermann, ex-ambassadrice de France”

  1. Les pleutres ne sont pas faits pour diriger un pays ! Qu’ils dégagent ..
    Moi, c’est la tronche de Berman qui me fait peur. Avoir son rond de serviette sur LCI, c’est la marque de l’infamie

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  2. Belle réflexion et analyse de madame Bermann.
    Macron ne pouvait que jouer à l’equilibrisme pour ne pas créer un précédent fâcheux avec l’administration Trump.
    N’oubliez pas que les élections démocratiques en Europe ne sont que le reflet du choix porté sur des candidats désignés par une nomenclature de décideurs qui dirigent le monde occidental et dont Macron doit son accession à la magistrature suprême. Un lobby très puissant de banquiers dont je ne citerai point les noms.
    Sa posture est compréhensible.
    L’Europe est un Vassal des USA.

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