ORION 26 : la France lance un exercice militaire historique

Cela fait quelques années maintenant que les grandes puissances ont relancé une dynamique de renforcement militaire marquée par l’augmentation des budgets de défense, la modernisation des arsenaux et la multiplication des démonstrations de force. États-Unis, Chine et Russie investissent massivement dans les capacités conventionnelles, le cyberespace, l’espace et les technologies autonomes. En Europe, cette évolution a accéléré une prise de conscience sur la nécessité de disposer d’armées capables de faire face à un affrontement de haute intensité, prolongé et techniquement complexe. C’est dans cette réalité internationale tendue que la France a choisi de renforcer la préparation concrète de ses forces, avec ORION 26 comme rendez-vous central de cette ambition.

D’après Forum militaire, l’exercice ORION 26 marque une étape majeure dans la préparation opérationnelle des armées françaises. Prévu début 2026 sur le territoire national, il mobilise plusieurs milliers de militaires français et alliés, déployés bien au-delà des enceintes habituelles des camps d’entraînement. Terre, mer et air sont concernés, avec une volonté affirmée de confronter les forces à des situations proches de celles d’un engagement réel, au contact direct des populations et des infrastructures civiles.

ORION 26 et la montée en puissance des armées françaises sur le territoire national

ORION 26 est conçu comme un scénario exigeant, pensé pour éprouver la capacité des forces à se déployer rapidement, à coordonner des moyens hétérogènes et à tenir dans la durée. La planification stratégique, la logistique, la chaîne de commandement et la conduite d’opérations complexes sont mises à l’épreuve simultanément. L’objectif n’est pas seulement d’enchaîner des manœuvres, mais de vérifier la solidité de l’ensemble du dispositif militaire, depuis la décision jusqu’à l’action sur le terrain.

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L’entraînement se déroule en terrain libre autant que sur des sites militaires, ce qui impose aux unités de composer avec des contraintes proches du quotidien : circulation civile, infrastructures partagées, gestion de l’information et interaction avec les services de l’État. Cette approche vise à préparer les forces françaises à des engagements où la frontière entre zones militaires et espaces civils est inexistante, tout en maintenant un haut niveau de coordination interarmées et multinationale.

ORION 26 poursuit également une logique de continuité avec l’édition précédente, ORION 23, qui avait mobilisé plus de 12 000 militaires français et alliés, ainsi qu’un volume conséquent de véhicules, d’aéronefs, de moyens navals, de drones et de capacités cyber et spatiales. L’exercice de 2026 reprend cette base éprouvée, tout en cherchant à identifier les points de fragilité et à tester de nouvelles méthodes d’action.

Réservistes, interopérabilité et préparation au combat de haute intensité en France

L’une des caractéristiques majeures d’ORION 26 réside dans l’intégration complète de la réserve opérationnelle. Les réservistes ne sont pas cantonnés à des fonctions périphériques : ils renforcent directement les unités d’active et participent pleinement aux missions. Leurs compétences issues du monde civil — qu’elles soient techniques, numériques, logistiques ou médicales — apportent une valeur ajoutée concrète aux forces engagées.

Cette organisation reflète une armée étroitement liée à la société, capable de s’appuyer sur un réservoir humain rapidement mobilisable. Elle permet aussi de tester la capacité réelle des forces à absorber des renforts, à harmoniser les procédures et à maintenir un niveau opérationnel élevé sur une période prolongée.

ORION 26 sert enfin de terrain d’expérimentation. Les armées y évaluent leurs doctrines, ajustent leurs modes d’action et mesurent leur aptitude à coopérer avec des partenaires alliés dans un cadre multinational. L’exercice permet d’observer, en conditions réelles, l’interopérabilité des systèmes, la fluidité du commandement et la résilience des soutiens logistiques face à un rythme soutenu d’opérations.

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