Représentativité des femmes à l’Assemblée nationale : Des efforts toujours attendus du Bénin

La question de la représentativité des femmes dans les sphères de décision demeure un enjeu majeur de la démocratie béninoise. À l’issue de l’installation de la 10e législature de l’Assemblée nationale, la présence féminine au Parlement s’établit à environ 32 %. Un chiffre qui, bien qu’en légère progression par rapport aux décennies passées, reste inchangé par rapport à 2023 et en deçà des attentes en matière d’égalité des sexes. Avec près d’un tiers de femmes parmi les députés, le Bénin confirme une tendance à la hausse amorcée ces dernières années, notamment grâce aux réformes du système partisan et aux mécanismes incitatifs mis en place pour favoriser la participation politique des femmes. Toutefois, cette progression semble marquer le pas. En 2026, le pays n’a pas fait mieux qu’en 2023, révélant les limites des dispositifs actuels. Pour de nombreux observateurs, ce plafond autour de 30 % traduit une avancée timide, encore en deçà de l’objectif d’une représentation paritaire qui permettrait aux femmes de peser pleinement dans les débats et les décisions législatives.

La parité, un objectif encore lointain

L’approche genre, promue aussi bien au niveau national qu’international, vise une représentation équilibrée de 50 % de femmes et 50 % d’hommes dans les instances de gouvernance. Cet objectif est largement reconnu comme un levier essentiel pour garantir l’égalité des chances, la justice sociale et une meilleure prise en compte des préoccupations de toutes les couches de la société. Au Bénin, la réalité parlementaire montre cependant que la parité reste un défi. Les femmes demeurent sous-représentées dans les postes stratégiques et les commissions clés, ce qui limite leur influence sur l’élaboration des politiques publiques, notamment celles liées à l’éducation, à la santé, à l’emploi et à la protection sociale. Plusieurs facteurs expliquent cette faible représentativité. Les pesanteurs socioculturelles continuent de freiner l’engagement politique des femmes, souvent confrontées à des stéréotypes de genre, à la charge familiale et à un accès limité aux ressources financières nécessaires pour mener des campagnes électorales compétitives. À cela s’ajoute la faible présence des femmes dans les instances dirigeantes des partis politiques, où se décident en grande partie les investitures. Malgré les quotas existants, les femmes peinent encore à être positionnées en tête de listes, réduisant ainsi leurs chances d’être élues.

Des mécanismes à renforcer

Face à ce constat, de nombreux acteurs de la société civile appellent à un renforcement des mécanismes de promotion du leadership féminin. Ils plaident pour une application plus contraignante des quotas, voire l’introduction de mesures légales favorisant la parité stricte sur les listes électorales.

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