Russie : Moscou expulse un diplomate britannique accusé d'espionnage

Les autorités russes ont annoncé ce jeudi l’expulsion d’un membre de l’ambassade du Royaume-Uni à Moscou, accusé d’appartenir aux services de renseignement britanniques. Le Service fédéral de sécurité (FSB) affirme avoir identifié cet agent lors d’une opération de contre-espionnage menée sur le territoire russe. Cette décision intervient dans un climat de tensions diplomatiques exacerbées entre les deux pays depuis le déclenchement du conflit ukrainien. L’affaire montre la détérioration profonde des relations entre Moscou et les capitales occidentales.

La machine diplomatique russe s’est remise en marche contre le Royaume-Uni. Le FSB a révélé avoir démasqué un ressortissant britannique opérant sous couverture diplomatique au sein de l’ambassade située dans la capitale russe. L’individu concerné, Gareth Samuel Davis, occupait officiellement la fonction de deuxième secrétaire au département administratif et économique de la représentation britannique. Selon les services de sécurité russes, cet homme né en août 1980 menait en réalité des activités de renseignement menaçant la sécurité nationale de la Fédération. Les autorités lui ont accordé un délai de quinze jours pour quitter le territoire russe, une procédure classique dans ce type de situation qui permet au diplomate concerné de régler ses affaires courantes avant son départ forcé.

Le FSB dénonce des activités de renseignement britanniques à Moscou

Le centre des relations publiques du FSB a publié un communiqué détaillant les circonstances de cette identification. Les services de contre-espionnage russes affirment avoir découvert que le diplomate britannique effectuait un travail de subversion constituant une menace directe pour les intérêts du pays. Le ministère russe des Affaires étrangères a emboîté le pas en révoquant immédiatement l’accréditation de l’intéressé, mettant ainsi fin à sa couverture diplomatique. Cette annonce survient alors que les deux pays s’affrontent régulièrement sur le terrain des expulsions mutuelles de personnels diplomatiques, chaque camp accusant l’autre d’utiliser ses ambassades comme bases d’opérations pour des activités clandestines.

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Les relations entre Londres et Moscou traversent une période particulièrement tumultueuse depuis février 2022, date à laquelle la Russie a lancé son offensive militaire contre l’Ukraine. Cette intervention armée a provoqué une rupture majeure entre le Kremlin et l’ensemble des pays occidentaux, entraînant une cascade de sanctions économiques sans précédent visant l’économie russe. L’Union européenne, les États-Unis et leurs alliés ont gelé des avoirs considérables appartenant à des oligarques proches du pouvoir, tandis que de nombreuses entreprises internationales ont quitté le marché russe. Le Royaume-Uni s’est positionné comme l’un des soutiens les plus déterminés de Kiev, fournissant notamment des missiles Storm Shadow utilisés par les forces ukrainiennes pour frapper des cibles situées en territoire russe, ce que Moscou considère comme une ligne rouge franchie par Londres.

Tensions diplomatiques entre Londres et Moscou sur fond de guerre en Ukraine

Cette nouvelle expulsion s’insère dans une longue série d’incidents diplomatiques ayant émaillé les échanges entre les deux capitales. En mars 2025, le FSB avait déjà annoncé l’expulsion de deux membres de l’ambassade britannique, dont le deuxième secrétaire du département politique et l’époux de la première secrétaire, tous deux accusés de mener des activités incompatibles avec leur statut. Quelques mois plus tôt, en septembre 2024, six diplomates britanniques avaient subi le même sort après avoir été soupçonnés de collecter des informations sensibles pour le compte de leur gouvernement. Face à ces accusations répétées, le ministère britannique des Affaires étrangères maintient une position constante, dénonçant des allégations qualifiées de « malveillantes et sans fondement » visant à intimider son personnel en poste à Moscou.

Le ballet des expulsions ne se limite pas aux seuls échanges russo-britanniques. Depuis le début du conflit ukrainien, plusieurs centaines de diplomates ont été déclarés persona non grata de part et d’autre. Les pays occidentaux et le Japon auraient renvoyé près de 670 représentants russes entre le début de l’année 2022 et l’automne 2023, selon des données relayées par des médias russes. En réponse, Moscou aurait procédé à l’expulsion de plus de 340 envoyés étrangers durant la même période. Cette hémorragie diplomatique a considérablement réduit les effectifs des missions concernées, compliquant les canaux de communication officiels entre les capitales impliquées dans ce bras de fer géopolitique.

Le gouvernement britannique dirigé par Keir Starmer fait lui-même l’objet de mesures restrictives de la part de Moscou. Une dizaine de ministres britanniques figurent désormais sur une liste noire leur interdisant toute entrée sur le territoire russe, une sanction annoncée en novembre dernier par les autorités du Kremlin. Les déclarations récentes du Premier ministre britannique évoquant la possibilité d’un déploiement de forces terrestres en Ukraine dans le cadre d’une éventuelle mission de maintien de la paix ont particulièrement irrité Moscou, contribuant à envenimer davantage des relations déjà glaciales. Cette confrontation diplomatique permanente témoigne de l’ampleur du fossé creusé entre la Russie et ses anciens partenaires occidentaux, un gouffre que ni les uns ni les autres ne semblent pressés de combler tant que perdurera le conflit aux portes de l’Europe.

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