Ancienne figure emblématique du football africain, El Hadji Ousseynou Diouf reste l’un des noms les plus marquants de l’histoire sportive du Sénégal. Révélé au grand public lors de la Coupe du monde 2002, où les Lions de la Téranga avaient surpris la planète football, l’ex-attaquant a longtemps incarné une génération audacieuse et décomplexée. Après sa carrière de joueur, Diouf est resté présent dans l’espace public, multipliant prises de position, sorties médiatiques et rôles honorifiques, notamment comme ambassadeur de la Fédération sénégalaise de football (FSF). C’est justement cette posture, à la frontière entre figure sportive et acteur public, qui se retrouve aujourd’hui au cœur d’une polémique nationale.
El Hadji Diouf, une sortie publique qui bouscule l’État sénégalais
La controverse est née lors des célébrations populaires consécutives au sacre du Sénégal à la CAN 2025. Dans l’euphorie de la victoire, El Hadji Diouf a tenu des propos qui ont rapidement dépassé le cadre festif. Se présentant, avec d’autres personnalités, comme une force supérieure aux institutions, il a publiquement mis en cause la relation entre certaines figures du sport et l’État sénégalais. Ces déclarations, largement relayées sur les réseaux sociaux et dans les médias, ont été perçues comme une remise en question directe de l’autorité publique.
Au-delà de la forme, c’est le fond du message qui a suscité de vives réactions. En affirmant, devant un large public, être « plus fort que l’État », Diouf a franchi une ligne sensible dans un pays où le football occupe une place centrale mais reste étroitement lié aux symboles républicains. Cette sortie a provoqué un malaise, y compris parmi les acteurs du sport, certains estimant que la célébration d’un titre continental ne devait pas devenir un espace de revendications ou de discours pouvant être interprétés comme des pressions.
Fédération sénégalaise de football, une mise au point officielle attendue
Face à l’ampleur de la polémique, la Fédération sénégalaise de football n’est pas restée silencieuse. Dans un communiqué diffusé dimanche, l’instance dirigeante du football national a clairement exprimé sa position. Sans entrer dans un affrontement direct avec son ambassadeur, la FSF a tenu à marquer une distance nette avec les propos tenus par El Hadji Diouf.
La fédération a notamment regretté des sorties médiatiques jugées inappropriées et a précisé qu’elles relevaient d’une initiative strictement personnelle. Elle a surtout insisté sur le fait que ces déclarations ne reflétaient en rien la vision ni les valeurs qu’elle défend, affirmant se démarquer totalement des propos dirigés contre l’État sénégalais. Ce rappel à l’ordre, formulé de manière institutionnelle, vise à préserver l’image du football sénégalais et à éviter toute confusion entre une opinion individuelle et la position officielle de la fédération.
En agissant ainsi, la FSF a cherché à recentrer le débat sur l’essentiel : le football comme facteur de rassemblement et de fierté nationale, et non comme un terrain de tensions publiques. Elle a également rappelé, de façon implicite, que le rôle d’un ambassadeur implique une responsabilité particulière dans la parole publique, surtout lorsque celle-ci touche aux institutions.


