Le dossier Softcare continue de susciter de vives réactions au Sénégal. Alors que les autorités sanitaires n’ont pas encore livré les conclusions attendues de leur mission conjointe, une nouvelle étape judiciaire se profile. Une plainte doit être déposée dès ce lundi 5 janvier 2026 auprès de l’organe national de lutte contre la corruption, relançant le débat sur la gestion administrative et la protection des consommateurs.
Alerte des consommateurs
L’initiative émane de Maître Massokhna Kane, président de l’association SOS Consommateurs. Sur les ondes de Sud FM, il a annoncé le dépôt imminent d’une plainte auprès de l’OFNAC, estimant que les alertes autour de l’usine Softcare n’étaient pas nouvelles. Il précise que le docteur Moussa Ndiaye visé par une plainte de Softcare après sa sortie sur cette affaire ne sera pas seul dans son combat. Selon Maître Kane, des signaux avaient été remontés depuis près de deux ans concernant les pratiques de l’entreprise, sans qu’une réponse jugée satisfaisante ne soit apportée. Cette démarche vise à obtenir des clarifications sur les décisions administratives successives et sur le rôle des différentes structures impliquées dans le suivi du dossier.
L’affaire a pris une tournure particulière après la suspension, le 8 décembre 2025, des activités de l’usine. Cette décision, prise par la direction générale de l’Agence de régulation compétente sur les produits tels que les couches pour bébés et les serviettes hygiéniques, reposait sur des constats liés à l’utilisation de matières premières considérées comme périmées. Quelques jours plus tard, un message diffusé par la cellule de communication de l’Agence a affirmé que ces matières n’auraient finalement pas été utilisées dans la fabrication et que les produits étaient conformes. Ce revirement, intervenu sans explications détaillées à destination des services techniques, a alimenté l’incompréhension et un malaise perceptible dans le secteur.
Plaintes diverses avant les résultats officiels
Le 19 décembre dernier, face à la polémique et aux interrogations persistantes des consommateurs, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique est intervenu par communiqué. L’autorité de tutelle a annoncé le déploiement immédiat d’une mission conjointe associant ses services à ceux du ministère du Commerce et de l’Industrie. L’objectif affiché était d’apporter des éclaircissements définitifs sur la situation de l’usine et sur la conformité des produits mis sur le marché. À ce stade, les résultats de cette mission n’ont pas encore été rendus publics, maintenant une attente forte aussi bien chez les consommateurs que chez les acteurs du secteur industriel.
Entre suspension, communication contradictoire et désormais action annoncée devant l’OFNAC, le dossier Softcare reste ouvert. Les prochains jours pourraient être déterminants, notamment avec l’éventuelle réception des conclusions officielles des autorités sanitaires et l’examen de la plainte annoncée.



