Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a multiplié les initiatives pour mettre fin au conflit entre la Russie et l’Ukraine. Son administration a organisé des rencontres diplomatiques inédites, notamment une réunion trilatérale à Abu Dhabi ce week-end réunissant des représentants américains, ukrainiens et russes. Le président américain a également dépêché ses envoyés spéciaux Steve Witkoff et son gendre Jared Kushner pour négocier directement avec Volodymyr Zelensky. Ces tractations ont pris un tour controversé ce mardi 27 janvier avec la publication d’un article du Financial Times que la Maison-Blanche a immédiatement contesté.
Le Financial Times affirme que Washington exige des concessions territoriales de Kiev
Le quotidien britannique, citant huit sources proches des négociations, soutient que l’administration Trump aurait signifié à Kiev que les garanties de sécurité américaines dépendent de l’acceptation préalable d’un accord de paix. Cet accord impliquerait vraisemblablement que l’Ukraine cède la région du Donbass à la Russie.
Toujours selon le FT, Washington aurait proposé d’augmenter ses livraisons d’armements pour renforcer l’armée ukrainienne en temps de paix, si Kiev acceptait de retirer ses troupes des zones qu’elle contrôle encore dans l’est du pays. Des responsables cités par le journal évoquent des engagements américains qui pourraient « refléter » l’article 5 du traité de l’OTAN sur la défense collective. Le Financial Times note toutefois que cette promesse apparaît « trop vague » aux yeux de certains observateurs. Les négociateurs américains auraient par ailleurs prévenu que cette offre ne resterait pas éternellement sur la table.
La Maison-Blanche rejette catégoriquement les affirmations du journal britannique
Anna Kelly, porte-parole adjointe de la Maison-Blanche, a qualifié ces informations de « totalement fausses ». Elle a déploré que le Financial Times permette à des « acteurs malveillants de mentir anonymement pour saboter le processus de paix », estimant que les négociations se trouvent dans une « phase positive » après la rencontre d’Abu Dhabi. Une source proche de la position américaine a également assuré au journal que Washington « n’essaie pas de forcer des concessions territoriales à l’Ukraine », précisant que d’éventuelles garanties de sécurité dépendraient de l’accord des deux parties au conflit.
Du côté ukrainien, l’incertitude semble persister. Un haut responsable cité par le Financial Times a confié que Kiev doute de plus en plus de la volonté réelle de Washington à s’engager sur des garanties contraignantes, observant que les États-Unis « s’arrêtent à chaque fois que les garanties de sécurité peuvent être signées ». Le président Zelensky maintient que l’intégrité territoriale de son pays doit être respectée dans tout accord de paix, tout en ayant récemment évoqué la possibilité de renoncer à l’adhésion à l’OTAN en échange de protections solides.
Les prochaines négociations prévues le 1er février à Abu Dhabi devraient permettre d’éclaircir les positions de chaque partie sur ces questions territoriales qui alimentent les tensions entre les différents protagonistes.



