Uranium  : Orano s'offre un nouveau départ aux USA malgré le conflit nigérien

Orano, le géant français de l’uranium, reste au cœur de tensions internationales après plusieurs années de désaccords avec le Niger concernant l’exploitation de ses mines. Depuis la prise de contrôle des sites nigériens par le gouvernement nigérien et la nationalisation progressive des stocks d’uranium, l’entreprise française a été contrainte de faire face à des procédures d’arbitrage international pour protéger ses droits. Malgré ces difficultés sur le continent africain, Orano a réussi à sécuriser un nouveau projet ambitieux sur le sol américain, tournant ainsi une page dans son développement mondial.

Orano choisit Oak Ridge pour sa production d’uranium enrichi aux États-Unis

Le 5 janvier 2026, Orano, via sa filiale américaine, a annoncé son projet de construction d’une nouvelle usine d’enrichissement d’uranium sur le site d’Oak Ridge dans le Tennessee. Le projet, dont le coût total avoisine 5 milliards de dollars, reçoit un appui financier direct de 900 millions de dollars de la part du Département de l’Énergie des États-Unis. L’entreprise envisage de finaliser le contrat au cours du premier semestre 2026 et de soumettre sa demande de licence à l’autorité de régulation nucléaire américaine. La mise en production est envisagée au début de la prochaine décennie, afin de répondre à la demande croissante d’uranium enrichi, stimulée notamment par le développement de l’intelligence artificielle et des centres de données.

Cette initiative vient compléter l’extension en cours de l’usine Georges Besse 2 en France, augmentant la capacité globale de production pour approvisionner les besoins énergétiques des pays occidentaux. Nicolas Maes, directeur général d’Orano, a salué ce financement comme une étape majeure. Ce projet américain constitue un levier stratégique pour sécuriser l’activité de l’entreprise malgré les tensions et les difficultés rencontrées au Niger.

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Les enjeux économiques et stratégiques pour Orano et le Niger

Le projet d’Oak Ridge arrive alors que le différend avec le Niger demeure complexe. Les mines nigériennes, historiquement exploitées par Orano, ont été progressivement nationalisées par Niamey, qui accuse l’entreprise de pratiques illégales dans la gestion et la vente des stocks d’uranium. Orano, de son côté, a obtenu plusieurs décisions d’arbitrage international interdisant la commercialisation de l’uranium nigérien sans son accord, mais les autorités nigériennes ont poursuivi certaines transactions. Cette situation a renforcé l’importance pour le groupe de diversifier ses implantations et de sécuriser ses capacités de production dans d’autres pays.

L’installation américaine constitue donc non seulement un moyen de stabiliser son activité, mais aussi de renforcer sa présence sur le marché mondial de l’uranium enrichi, un secteur stratégique pour la production nucléaire et les technologies numériques. Elle pourrait aussi permettre à Orano de limiter son exposition aux tensions géopolitiques liées à l’Afrique de l’Ouest.

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