USA : 53% des Américains jugent la politique migratoire de Trump excessive

Le retour de Donald Trump à la présidence a été marqué par une politique migratoire de grande ampleur. Depuis janvier 2025, l’agence fédérale ICE a intensifié ses opérations d’expulsion, avec plus de 15 000 Guatémaltèques renvoyés dans leur pays. Des incidents dramatiques ont ponctué cette répression, notamment le décès de deux civils à Minneapolis en janvier 2026 lors d’opérations menées par les agents fédéraux. Ces événements ont déclenché des protestations massives et attiré les critiques du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, qui a dénoncé les arrestations effectuées dans des lieux sensibles tels que les hôpitaux, églises et écoles. Ces développements ne tardent pas à peser sur la perception publique de l’administration Trump.

L’impopularité croissante de la gestion migratoire

Les chiffres de l’opinion publique révèlent un tournant majeur dans l’évaluation de la présidence Trump. Selon le dernier sondage Reuters/Ipsos, seuls 39% des Américains approuvent la manière dont le président gère l’immigration, tandis que 53% désapprouvent explicitement sa politique. Cette baisse reflète une détérioration significative depuis le début du mois, période durant laquelle l’approbation se maintenait à 41%.

Plus largement, l’indice d’approbation générale du président a atteint des niveaux critiques, s’établissant à 38%, soit le point le plus bas de son mandat actuel. Cette chute coïncide avec l’accélération des opérations anti-immigration menées par son administration.

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Les opérations d’ICE sous le feu des critiques des électeurs

La perception du travail des agents de l’Immigration and Customs Enforcement divise profondément le pays selon les lignes partisanes. Le sondage montre que 58% des répondants estiment que ces agents ont dépassé les limites acceptables, tandis qu’une minorité de 12% juge au contraire que les mesures restent insuffisantes. Un peu plus du quart des sondés, soit 26%, considère que les opérations menées correspondent à une application proportionnée des lois.

La fracture politique autour de ce sujet est particulièrement prononcée. Parmi les électeurs démocrates, neuf sur dix expriment leur conviction que les agents vont trop loin. Du côté républicain, seuls deux électeurs sur dix partagent cet avis critique, tandis que chez les indépendants, six sur dix considèrent que la répression a outrepassé les bornes. Cette configuration électorale suggère que la politique migratoire agressive de Trump entame son assise même parmi les groupes susceptibles de le soutenir. Les débats autour de ces opérations interviennent au moment où l’État du Minnesota a entrepris des actions judiciaires pour contester l’Opération Metro Surge, présentée comme la plus grande concentration d’agents fédéraux d’immigration jamais rassemblée en un seul lieu.

Bien que l’administration Trump ait promis une répression vigoureuse de l’immigration clandestine, les données d’approbation suggèrent que la population américaine rejette largement l’approche déployée. Avec plus de la moitié des Américains exprimant leur désapprobation spécifique envers la gestion migratoire, Trump doit faire face à un défi majeur pour restaurer sa crédibilité sur ce dossier, alors que les premières semaines de son mandat laissaient présager un large soutien aux mesures promises.

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