USA : Elon Musk réclame 134 milliards $ à OpenAI et Microsoft pour "tromperie"

La bataille juridique qui secoue la Silicon Valley vient de franchir un cap vertigineux ce vendredi devant la justice californienne. Elon Musk, figure incontournable de la technologie, a officiellement déposé une requête exigeant jusqu’à 134 milliards de dollars de la part d’OpenAI et de son partenaire Microsoft. Accusant ses anciens alliés d’avoir détourné sa contribution initiale, le patron de Tesla transforme une querelle idéologique en une guerre financière sans précédent. L’issue de ce procès, prévu pour le printemps, pourrait redéfinir les règles de la propriété intellectuelle et la gouvernance de l’intelligence artificielle mondiale.

Guerre des chiffres : une indemnisation record visée par Elon Musk en Californie

L’escalade est brutale et les montants évoqués donnent le tournis, même pour les standards de l’industrie technologique américaine. Dans ce nouveau document judiciaire enregistré vendredi 16 janvier 2026, les avocats d’Elon Musk ne se contentent plus de demander une simple rectification morale ou contractuelle. Ils ont chiffré, avec l’aide d’experts financiers, ce qu’ils considèrent comme le préjudice économique subi par le milliardaire. L’argumentaire repose sur une logique de restitution : Musk estime que la valorisation actuelle d’OpenAI, devenue l’une des start-ups les plus chères au monde, s’est bâtie sur des fondations qu’il a financées sous de faux prétextes.

Le détail de la réclamation illustre la détermination du camp Musk à frapper fort. La plainte exige d‘OpenAI une somme comprise entre 65,5 et 109,4 milliards de dollars. Parallèlement, Microsoft, actionnaire principal et partenaire technologique exclusif, est visé à hauteur de 13,3 à 25,1 milliards de dollars. En cumulant les estimations les plus hautes, le total avoisine les 134 milliards de dollars. Pour justifier cette somme astronomique, la défense du patron de X (ex-Twitter) invoque la notion de « gains illicites ». Selon cette théorie, les richesses accumulées par Sam Altman et le géant de Redmond seraient le fruit direct d’une exploitation abusive des investissements initiaux et de l’image de Musk, obtenus par ce que ce dernier qualifie de manœuvres trompeuses.

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De la fondation non-lucrative au géant commercial : l’histoire d’une rupture entre les fondateurs d’OpenAI

Pour comprendre cette offensive judiciaire, il est indispensable de revenir à la genèse du projet, bien avant que ChatGPT ne devienne un nom commun. L’alliance remonte à 2015, époque où Elon Musk et Sam Altman partageaient une inquiétude commune face à l’hégémonie de Google dans le domaine de l’IA. Ils avaient alors scellé un pacte fondateur : créer un laboratoire de recherche structuré en organisation à but non lucratif, dédié à la création d’une intelligence artificielle générale sûre, transparente et bénéfique pour l’ensemble de l’humanité. C’est sur la base de cette promesse d’ouverture et de désintéressement financier que Musk a injecté environ 44 millions de dollars et prêté sa crédibilité au projet naissant.

Cependant, la trajectoire de l’organisation a radicalement bifurqué, entraînant les frictions actuelles. Dès 2018, des divergences stratégiques profondes sont apparues, Musk jugeant les progrès trop lents et tentant sans succès de prendre les rênes de la structure pour l’intégrer à Tesla. Son départ fracassant a laissé le champ libre à Sam Altman qui, confronté aux coûts exorbitants de la recherche, a opéré une transformation majeure en créant une filiale à « profit plafonné » capable d’accueillir des capitaux privés. L’entrée massive de Microsoft au capital et le verrouillage progressif des technologies développées ont été perçus par Musk non seulement comme une dérive, mais comme une trahison pure et simple de la charte originelle, transformant une mission philanthropique en une machine à cash pour la firme de Redmond.

Microsoft et Sam Altman face au défi judiciaire et à la concurrence de xAI

Cette demande de dédommagement intervient à un moment critique, alors que les deux parties se préparent à faire face à un jury en avril prochain. La stratégie d’Elon Musk semble consister à exercer une pression maximale sur ses adversaires avant l’ouverture des débats. Du côté d’OpenAI, la ligne de défense reste inflexible : l’organisation qualifie ces nouvelles requêtes de « frivoles » et accuse Musk de harcèlement judiciaire motivé par la jalousie face au succès retentissant de ChatGPT, un succès qu’il n’a pas su anticiper lorsqu’il a quitté le navire. Microsoft, de son côté, rejette fermement toute accusation de mauvaise conduite, arguant que ses investissements ont été légaux et nécessaires à l’avancée technologique.

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