28 heures pour bâtir 10 étages : cette innovation chinoise pourrait changer la donne en Afrique

Le paysage urbain africain connaît une transformation sans précédent. De Dakar à Nairobi, en passant par Abidjan, Cotonou et Lagos, les grues et les échafaudages dessinent de nouvelles silhouettes dans le ciel des capitales. Cette effervescence bâtisseuse répond à une urbanisation galopante qui voit chaque jour des milliers de personnes rejoindre les villes. Pourtant, malgré ce dynamisme, le rythme de construction demeure insuffisant face à une demande de logements qui explose. Et si une technique venue de Chine bouleversait radicalement cette équation ?

À Changsha, capitale de la province chinoise du Hunan, l’entreprise Broad Group vient de démontrer qu’il est possible d’ériger un immeuble résidentiel de dix étages en seulement 28 heures et 45 minutes. Cette performance, réalisée en juin 2021, repose sur une approche radicalement différente de la construction traditionnelle : le Living Building, un système modulaire qui transforme l’édification d’immeubles en un gigantesque assemblage de blocs préfabriqués.

La construction modulaire chinoise défie les méthodes conventionnelles en Afrique

Le principe révolutionne les codes habituels du secteur. Fini le ballet interminable des camions-toupies déversant du béton pendant des semaines, terminées les découpes à la scie circulaire et les vibrations des marteaux-piqueurs. Broad Group a mis au point des modules en acier inoxydable fabriqués intégralement en usine, mesurant 12,19 mètres de long, 2,44 mètres de large et 3 mètres de haut – soit approximativement les dimensions d’un conteneur maritime agrandi.

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Chaque module arrive sur le chantier déjà équipé : fenêtres installées, balcons prêts à se déplier, cloisons rabattables en place, câblage électrique organisé. Sur site, trois grues suffisent pour empiler ces unités géantes les unes sur les autres, comme des briques de Lego à échelle humaine. L’installation finale se limite au serrage des boulons et au raccordement des réseaux d’eau et d’électricité. Une simplicité qui explique cette vitesse d’exécution stupéfiante.

L’entreprise chinoise n’hésite pas à vanter les performances techniques de son système : selon elle, ces structures pèsent dix fois moins que les constructions conventionnelles tout en offrant une résistance cent fois supérieure, notamment face aux tremblements de terre et aux typhons. Un argument qui résonne particulièrement pour les régions africaines exposées aux risques sismiques, de la vallée du Rift aux zones volcaniques de l’Afrique de l’Est.

Des gratte-ciels montés en quelques jours ouvrent des perspectives pour le logement africain

Broad Group possède déjà un solide historique en matière de construction accélérée. En 2015, la société avait assemblé un immeuble de 57 étages en seulement 19 jours, démontrant que la méthode fonctionne bien au-delà des petites structures. L’entreprise va même plus loin en affirmant que son système conviendrait parfaitement à l’édification de gratte-ciels de 200 étages, bien que ce projet pharaonique annoncé en 2012 n’ait jamais obtenu l’aval des autorités chinoises.

Au-delà de la vitesse, cette approche présente d’autres avantages significatifs. Les bâtiments modulaires sont démontables et relocalisables, une caractéristique précieuse pour des infrastructures temporaires ou d’urgence. L’efficacité énergétique supérieure et la meilleure qualité de l’air intérieur constituent également des atouts non négligeables. La société chinoise estime que sa technologie s’adapte aussi bien aux résidences de luxe qu’aux bâtiments publics et aux logements sociaux.

Pour le continent africain, confronté à un déficit de logements estimé à plusieurs dizaines de millions d’unités, cette innovation pourrait représenter une solution partielle. La rapidité d’exécution permettrait de répondre plus efficacement aux besoins croissants des populations urbaines. Les zones touchées par des catastrophes naturelles pourraient bénéficier d’une reconstruction rapide, comme l’a déjà prouvé la Chine en février 2020 en édifiant un hôpital de 1 000 lits à Wuhan en dix jours pour faire face à l’urgence du Covid-19.

Reste à déterminer si cette technologie trouvera son chemin vers les chantiers africains. Les coûts d’importation des modules, l’adaptation aux normes locales et la formation des équipes techniques constituent autant de défis à relever. Mais dans un continent où le temps presse et où les besoins en infrastructures dépassent largement les capacités actuelles, l’expérience de Changsha mérite assurément l’attention des décideurs africains.

1 réflexion au sujet de « 28 heures pour bâtir 10 étages : cette innovation chinoise pourrait changer la donne en Afrique »

  1. Que dire ! Si non félicitation au laborieux peuple de Chine. DIEU a peut être créé l’homme et la femme, TOUT RESTE VIENT DE CHINE désormais. Le continent africain se cherche encore …

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