L’ancienne secrétaire d’État américaine Hillary Clinton, 78 ans, a comparu ce jeudi 26 février devant une commission d’enquête de la Chambre des représentants réunie à Chappaqua, dans l’État de New York, pour répondre de ses liens supposés avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein. Dès sa déclaration liminaire, elle a retourné la pression en réclamant que le président Donald Trump soit à son tour entendu sous serment.
Face aux parlementaires républicains qui avaient exigé sa présence, Clinton a affirmé que la commission devrait interroger le chef de l’État sur « les dizaines de milliers de fois » où son nom apparaît dans le dossier Epstein, avant de s’intéresser à son propre témoignage. Elle a accusé les élus de la majorité d’avoir organisé cette audition pour « détourner l’attention » des connexions de Trump avec le financier condamné, décédé en prison en août 2019.
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L’élu démocrate de Californie Robert Garcia, membre de la commission, a amplifié cette offensive lors d’une suspension de séance, exigeant que Trump « soit convoqué immédiatement ». Il a évoqué des documents qui « accusent le président des États-Unis de faits très graves de violence sexuelle » — une formulation que les républicains, majoritaires au sein de la commission, n’ont pas reprise à leur compte.
La commission, présidée par le républicain James Comer, avait déjà entendu le 9 février Ghislaine Maxwell, complice condamnée d’Epstein, en visioconférence depuis la prison fédérale où elle purge une peine de vingt ans. Maxwell avait invoqué son droit constitutionnel au silence, son avocat David Markus précisant qu’elle serait prête à parler si elle obtenait une grâce présidentielle. L’audition du 26 février a par ailleurs été brièvement interrompue après que la représentante républicaine du Colorado Lauren Boebert a transmis à un commentateur d’extrême droite une photo de l’ex-secrétaire d’État prise dans la salle, en violation des règles de confidentialité imposées aux membres de la commission. Les avocats des Clinton ont réclamé une suspension le temps d’identifier l’origine de la fuite.
Des mois de bras de fer avant la comparution
La présence de Clinton devant la commission est le résultat d’un long bras de fer institutionnel. Convoqués dès octobre 2025, Bill et Hillary Clinton avaient dans un premier temps refusé de se présenter, dénonçant un usage partisan de la procédure parlementaire, et réclamé, en vain, que les auditions se tiennent en séance publique pour éviter toute manipulation de leurs déclarations. C’est sous la menace d’une mise en accusation pour entrave au Congrès que le couple a finalement accepté, fin janvier, de comparaître. Le ministère américain de la Justice avait publié le 30 janvier plus de trois millions de pages de documents partiellement caviardés sur l’affaire Epstein.
Bill Clinton, dont le nom apparaît plus de 2 000 fois dans ces documents et qui a reconnu avoir voyagé à plusieurs reprises à bord du jet privé d’Epstein, doit être auditionné vendredi 27 février au même endroit. Il avait déclaré en 2019 ne plus avoir eu de contact avec Epstein depuis une décennie. Trump, lui aussi fréquemment cité dans le dossier, a toujours affirmé avoir rompu tout lien avec lui bien avant les révélations sur ses crimes sexuels.
