Quatre agents du service d’imagerie médicale du CNHU-HKM comparaissent ce jeudi 26 février 2026 devant le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Cotonou, au terme d’une audition nocturne au commissariat du 12ᵉ arrondissement. L’information a été rapportée par Peace Fm. Placés en garde à vue la veille, ils répondent de faits présumés de perception indue de frais auprès d’un usager.
Les faits remontent au 28 janvier. Ce jour-là, un ressortissant étranger conduit son enfant accidenté pour des examens radiologiques préopératoires. Sur place, une sage-femme identifiée comme E.G. l’oriente vers un agent nommé Z.A.
Désireux de régler à la caisse, le père finit par remettre 30 000 FCFA à son interlocuteur. Aucun justificatif ne lui est délivré. Des vérifications ultérieures auprès d’un autre employé du service révèlent un tarif officiel fixé à 18 000 FCFA. Le plaignant conclut alors à une surfacturation.
Indigné, il alerte la ligne verte du ministère de la Santé et propose une opération de surveillance, un nouveau rendez-vous ayant été fixé au 24 février pour un examen complémentaire. Un message détaillé, accompagné d’un enregistrement audio, parvient au numéro dédié. Sous l’impulsion de l’autorité ministérielle, une intervention se prépare avec l’administration hospitalière.
Le jour convenu, selon les éléments diffusés par Peace Fm, le même mode opératoire se répéterait avec la participation d’autres agents. Incapables de produire un reçu après l’acte médical, les mis en cause sont interpellés sur les lieux puis conduits pour audition.
Des précédents judiciaires dans l’établissement
Présenté au parquet avec trois collègues, Z.A. attend désormais les décisions judiciaires pendant que les investigations se poursuivent pour déterminer l’ampleur des faits. La procédure devra établir s’il s’agit d’initiatives isolées ou d’un mécanisme plus structuré.
Cette nouvelle comparution intervient alors que l’hôpital a déjà vu certains de ses agents répondre de leurs actes devant la justice. Le 22 janvier 2026, devant la CRIET, le ministère public avait requis huit ans d’emprisonnement ferme contre cinq prévenus dans le dossier des ossements humains découverts derrière la morgue. Des agents, poursuivis pour abus de fonction et complicité, comparaissaient pour des prélèvements présumés sur des corps conservés à la morgue. Le parquet avait également sollicité la relaxe au bénéfice du doute pour deux accusés.
Dans le dossier actuel, des sources proches du ministère de la Santé évoqueraient des instructions renforcées aux responsables des formations sanitaires afin de signaler systématiquement les pratiques assimilées à du rançonnement. Les suites judiciaires dépendront des réquisitions du parquet dans les prochains jours.

