CAN 2025 : le supporter français condamné au Maroc va faire appel

Trois mois de prison ferme. C’est la peine prononcée jeudi contre Lyèce M., un français de 27 ans, arrêté lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc — une décision que son avocat qualifie d’injuste et que la défense entend désormais porter devant la cour d’appel.

Une condamnation sans preuves matérielles, selon la défense

Accusé d’avoir jeté une bouteille d’eau sur les forces de sécurité lors de la finale Maroc-Sénégal (0-1), Lyèce M. comparaissait en procédure accélérée avec dix-sept autres prévenus. Le tribunal a tranché : trois mois ferme, assortis d’une amende. Son avocat, Jaouad Benaissi, ne décolère pas. « Surpris« , selon ses propres mots, il dénonce un verdict rendu sur la seule foi de témoignages policiers, sans preuve matérielle exploitable.

« Surpris par ce jugement, que je trouve sévère. Un seul des chefs d’accusation à son encontre a été retenu contre lui, le jet de la bouteille d’eau dont il est accusé (relatif à l’article 308 du Code pénal marocain, qui signifie les « actes de violence lors ou à l’occasion de compétitions ou de manifestations sportives ou de leur retransmission en public »). (…) Mais il n’y a aucune photo, aucun extrait vidéo qui le montre en train de jeter une bouteille sur les agents de la force publique. Ce n’est pas à chaque fois qu’un policier dit quelque chose qu’on doit prendre ses paroles pour argent comptant et envoyer les gens en prison (Lyèce M. a été interpellé par un policier à l’intérieur du stade, à la fin du match, après un témoignage oculaire).« , a confié l’avocat à l’Equipe.

La nuit du 18 au 19 janvier 2026 avait viré au chaos dans plusieurs villes françaises. Dès le coup de sifflet final, des scènes de violences éclataient en région parisienne, à Lyon et à Avignon — plus de 60 interpellations, une quinzaine de policiers blessés. Au Maroc, dans les tribunes du stade, la tension avait également débordé : jets de projectiles, envahissement du terrain, dégradations. Dix-huit personnes, dont Lyèce M., furent arrêtées sur place et traduites en comparution immédiate.

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L’appel comme dernier recours

Parmi les dix-huit condamnés, les peines prononcées varient d’un à douze mois de prison ferme selon la gravité des faits retenus. Lyèce M. écope de la peine la plus basse — ce qui n’empêche pas sa défense de la contester.

L’identification du prévenu repose sur le témoignage d’un policier. Aucune pièce à conviction physique, aucun élément vidéo décisif : c’est sur ce vide que la défense bâtit son recours. La date d’audience en appel n’a pas encore été fixée mais l’avocat assure interjeter appel dès lundi. « (…) on est allés voir le greffier à la fin de l’audience pour l’informer de notre intention. On le fera dès lundi matin, on va continuer à se battre pour son innocence. Et l’objectif est évidemment de faire annuler cette condamnation en première instance et d’obtenir son innocence« , a conclu l’avocat. 

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