De Versailles à la rue de Valois : Catherine Pégard, la fidèle de Macron, prend les rênes de la Culture

Pendant quatorze ans, elle a gouverné l’un des monuments les plus visités du monde sans jamais chercher les projecteurs. Ce jeudi 26 février, Emmanuel Macron propulse sa conseillère culture au premier rang.

Rue de Valois, un nom s’installe sans fracas. Catherine Pégard, 71 ans, ancienne journaliste du Point reconvertie en gardienne des dossiers culturels de l’Élysée, hérite du portefeuille de la Culture dans le gouvernement Lecornu — nommée par décret moins de vingt-quatre heures après la démission de Rachida Dati.

Le départ de cette dernière, annoncé mercredi soir pour se consacrer à la mairie de Paris, n’a surpris personne. Le choix de sa remplaçante non plus. Dès début février, une source de l’exécutif confirmait au Parisien que le nom de Pégard était «arbitré par le président» et le remplacement «quasi-fait».

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Une nomination écrite depuis des semaines

Le communiqué de l’Élysée, sobre, acte un remaniement qualifié en interne d’«ajustement». Quatre nouveaux entrants, pas de séisme : Laurent Nuñez reste à l’Intérieur, Gérald Darmanin à la Justice, Jean-Noël Barrot aux Affaires étrangères. Pégard seule cristallise l’attention.

Conseillère culture de Nicolas Sarkozy à partir de 2007, présidente du château de Versailles de 2011 à 2024 — un record absolu avec deux renouvellements et une prolongation inédite —, elle avait rejoint l’Élysée en septembre 2025 pour épauler Macron sur les dossiers culturels. La trajectoire dessine une loyauté d’appareil, patiente, méthodique, traversant les alternances sans rupture.

Un profil taillé pour les coulisses, projeté sur le devant de la scène

Sa nomination à Versailles, en 2011, avait suscité des critiques vives dans le monde culturel. «La direction d’un établissement patrimonial n’est pas un métier que n’importe quel journaliste peut s’approprier», fustigeaient alors certains professionnels du secteur. Douze ans plus tard, le bilan penche autrement : plus de 10 000 m² restaurés et ouverts au public, la Chapelle Royale, les appartements du Dauphin, la salle du Jeu de Paume.

Journaliste de formation — J’informe, Le Quotidien de Paris, puis rédactrice en chef du Point jusqu’en 2007 —, Pégard connaît les rouages médiatiques autant que les arcanes du pouvoir. Un double registre rare rue de Valois. Elle prendra ses fonctions dans un contexte budgétaire tendu pour la culture, à quelques mois des élections municipales qui redessineront le paysage politique français. Son premier défi : les arbitrages budgétaires du printemps.

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