Dossier Epstein : 50 pages sur Trump répertoriées, jamais publiées

Deux enquêtes de presse américaines pointent vers une dissimulation au sein même de l’administration. Selon NPR et le New York Times, le département de la Justice détiendrait des fichiers du FBI catalogués mais jamais rendus publics — des documents contenant des accusations d’agression sexuelle sur mineure visant Donald Trump.

Les numéros de série ne mentent pas

Ce ne sont pas des documents égarés. L’enquête de NPR a reconstitué la séquence des numéros apposés sur chaque page versée à la base de données publique Epstein : plus de 50 pages consécutives, enregistrées dans le système du DOJ, introuvables dans la publication. Parmi elles, des comptes rendus d’interrogatoires conduits par le FBI entre 2019 et 2021 avec une femme affirmant avoir été agressée, alors qu’elle était âgée d’une treizaine d’années, par Jeffrey Epstein et Donald Trump. Quatre interrogatoires ont été conduits au total. Un seul résumé a été rendu public — celui portant exclusivement sur Epstein.

Le New York Times a corroboré ces conclusions le 25 février : les trois autres comptes rendus, ceux qui mentionnent Trump, resteraient sous scellé sans justification légale apparente. Un document interne du FBI daté du 22 juillet 2025, lui inclus dans les fichiers publiés, précise qu’une victime identifiée avait accusé le président mais « avait finalement refusé de coopérer ».

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Un réseau mondial, des zones d’ombre persistantes

Comme notre rédaction l’a documenté, les trois millions de pages publiées le 30 janvier par le DOJ confirment l’étendue d’un réseau mêlant dirigeants politiques, milliardaires et membres de familles royales sur trois continents, sans établir pour autant de responsabilités pénales. Le scandale dépasse depuis longtemps les frontières américaines.

Le prince britannique Andrew, arrêté au Royaume-Uni dans le sillage des révélations du DOJ, figure parmi les cas les plus documentés. En France, les autorités ont accusé une opération d’influence russe d’avoir tenté d’exploiter le dossier pour impliquer Emmanuel Macron — accusations que Moscou n’a pas commentées. Ghislaine Maxwell, condamnée à vingt ans de prison en 2021, a proposé de disculper Trump et Bill Clinton en échange d’une grâce présidentielle, une offre restée sans suite officielle. Ses propres fichiers présenteraient également des lacunes dans la base de données publique, selon NPR.

Face aux révélations, le DOJ a d’abord soutenu sur X que « RIEN n’avait été supprimé », invoquant des doublons ou des procédures en cours, avant de s’engager mercredi soir à réexaminer les fichiers signalés. Les élus démocrates de la commission de supervision de la Chambre ont rejeté cette explication, affirmant pouvoir « confirmer que le DOJ semble avoir illégalement retenu des interrogatoires du FBI ». Mercredi, au même moment, Hillary Clinton comparaissait à huis clos devant une commission parlementaire sur les liens passés de son mari avec Epstein. Le résultat du réexamen promis par le DOJ — sans calendrier fixé — constitue désormais l’échéance centrale du dossier.

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