Extraterrestres : une hypothèse refait surface à l'université d'Harvard

Une étude parue en 2025 dans Nature Astronomy a révélé que 86,6% des astrobiologistes envisagent désormais sérieusement l’existence d’une vie extraterrestre. La découverte de planètes extrasolaires et l’exploration continue du système solaire alimentent cette conviction scientifique grandissante. Depuis 75 ans, le paradoxe de Fermi interroge : si la vie extraterrestre existe, où se cache-t-elle ? Cette question prend une dimension nouvelle avec les travaux d’Abraham Loeb, président du département d’astronomie à l’université de Harvard, qui défend une thèse audacieuse concernant un mystérieux visiteur interstellaire.

Abraham Loeb défend la piste d’un objet artificiel venu d’ailleurs

D’après Futura-Sciences, en octobre 2017, un observatoire hawaïen a détecté 1I/2017 U1, rapidement rebaptisé « Oumuamua« , signifiant « le messager » en hawaïen. Cet objet filait à une vitesse quatre fois supérieure à celle des astéroïdes classiques, suivant une trajectoire hyperbolique caractéristique d’une provenance extérieure au système solaire. Premier visiteur interstellaire jamais observé d’aussi près, « Oumuamua » a immédiatement captivé la communauté scientifique.

L’astrophysicien d’Harvard ne cherche pas les projecteurs, assure-t-il. Pourtant, sa position détonne : pour lui, ‘Oumuamua pourrait être un artefact conçu par une intelligence extraterrestre. Voile spatial, bouée de communication ou débris d’une civilisation lointaine, les possibilités qu’il évoque semblent sorties d’un roman de science-fiction. Mais le chercheur assume cette hypothèse qu’il qualifie lui-même d’exotique, tout en soulignant que les explications naturelles proposées par ses pairs ne sont pas moins extraordinaires.

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Les anomalies de « Oumuamua » remettent en question les modèles astronomiques

Les données recueillies durant onze jours d’observation révèlent des caractéristiques troublantes. La luminosité de l’objet varie d’un facteur dix toutes les huit heures, suggérant une forme extrêmement aplatie ou allongée. Initialement comparé à un cigare, ‘Oumuamua correspondrait statistiquement davantage à un disque. Aucun corps céleste naturel connu ne présente une telle morphologie, affirme Loeb.

Plus déconcertant encore : ‘Oumuamua s’est comporté de manière imprévisible. Les lois de la physique permettent normalement de calculer précisément la trajectoire d’un objet soumis à l’attraction gravitationnelle du Soleil. Or, le visiteur interstellaire a dévié de sa course attendue, comme propulsé par une force invisible. Ce phénomène s’observe chez les comètes, dont la queue de glace s’évaporant crée un effet de propulsion. Mais ‘Oumuamua ne possédait pas de queue visible.

L’objet affichait également une luminosité au moins dix fois supérieure à celle d’astéroïdes ou de comètes de dimensions comparables. Ces singularités cumulées constituent, selon le professeur de Harvard, des arguments solides en faveur d’une origine artificielle.

Le scientifique américain plaide pour que la communauté scientifique accorde autant de crédit à sa théorie qu’à des concepts comme la supersymétrie ou le multivers. Il estime que l’humanité n’est peut-être pas prête à accepter qu’elle ne soit pas unique dans l’univers. Face au carriérisme et aux modes scientifiques qui peuvent décourager certaines hypothèses, Loeb défend une approche méthodique : formuler des hypothèses, rassembler des preuves, tester et affiner. Pour lui, ‘Oumuamua représente potentiellement la preuve qu’une civilisation sensible existe ou a existé ailleurs dans l’univers. Une affirmation qui continue de diviser la communauté astronomique, entre ceux qui y voient une spéculation hasardeuse et ceux qui saluent l’audace d’une pensée scientifique libérée des préjugés.

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