Ces dernières années, les autorités françaises ont multiplié les actions contre des personnes suspectées d’agir pour le compte de services de renseignement étrangers. À l’automne 2025, plusieurs individus ont été arrêtés à Paris et mis en examen pour espionnage économique et propagation de messages favorables à Moscou, après la découverte d’activités jugées contraires aux intérêts nationaux ; des perquisitions avaient notamment mis en lumière la diffusion de contenus prorusses et la collecte d’informations potentiellement sensibles. En novembre 2025 encore, trois personnes ont été interpellées par la justice française dans une enquête distincte pour contacts présumés avec les services de renseignement russes et collecte d’informations d’intérêt pour une puissance étrangère. Cette tradition de surveillance s’est récemment matérialisée avec l’arrestation de quatre individus dans le sud-ouest de la France, soupçonnés d’activités d’espionnage en faveur de la Chine.
Espionnage numérique ciblant Starlink et les communications militaires
Deux des personnes arrêtées sont des citoyens chinois, âgés d’une vingtaine d’années, décrits comme des ingénieurs travaillant pour une entreprise spécialisée dans les communications sans fil. Selon les enquêteurs, ils disposaient d’un équipement informatique sophistiqué relié à des antennes paraboliques, installé dans le jardin d’une maison louée via Airbnb dans une commune au sud de Bordeaux. Ce dispositif pourrait avoir servi à intercepter des communications entre entités militaires et à détourner des données satellitaires, y compris celles provenant du réseau Starlink de SpaceX.
Les deux autres suspects, âgés de 39 et 45 ans, dont la nationalité n’a pas été précisée, seraient impliqués en fournissant un soutien matériel aux deux ingénieurs chinois. L’installation n’a pas échappé à l’attention des voisins, qui avaient remarqué la grande parabole et constaté des interruptions inhabituelles de la connexion internet dans le secteur. Ces observations ont conduit les autorités à alerter la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure), qui a pris en main l’enquête le 31 janvier 2025.
Arrestations et implications pour la sécurité nationale française
Les quatre personnes ont été mises en examen le 5 février pour tentative de transmission d’informations militaires à la Chine. L’enquête se poursuit pour évaluer l’ampleur exacte des opérations et identifier d’éventuels liens avec d’autres réseaux d’espionnage.
Cette affaire s’ajoute à une longue série de cas où la France a dû faire face à des activités d’espionnage sur son territoire. Les arrestations dans le Sud-Ouest montrent que les méthodes ont évolué avec le temps, touchant désormais le secteur numérique et les communications satellitaires. Ces événements rappellent que la surveillance et la protection des infrastructures sensibles restent une priorité pour la sécurité nationale française.


