France : pourquoi Tiani propose de restituer une partie de l'uranium stocké

Le 13 février 2026, lors d’un entretien fleuve à la télévision nationale, le général Abdourahamane Tiani a jeté un pavé dans la mare géopolitique. Alors que le Niger et la France traversent une crise sans précédent, le chef de la transition a proposé de restituer à Paris la part d’uranium produite par le groupe Orano avant la nationalisation de la mine de la Somaïr.

Un « solde de tout compte » pour sceller la rupture

Derrière l’apparente générosité de cette proposition — le Niger se disant même prêt à payer le transport — se cache une stratégie de rupture définitive. En isolant le stock de 156 231 tonnes produit sous l’ère française (dont 63,4 % appartiennent contractuellement à Orano), le général Tiani veut tracer une ligne rouge infranchissable.

Pour Niamey, rendre cet uranium « historique » permet de légitimer la mainmise totale sur la production actuelle. « Tout ce qui a été produit par la suite est nigérien et restera nigérien », a martelé le chef de l’État. En proposant de « rendre ses affaires » à l’ancienne puissance coloniale, le Niger cherche à évacuer tout débat sur la légitimité de sa souveraineté actuelle et à se présenter comme un partenaire respectueux des acquis passés, mais intraitable sur l’avenir.

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L’uranium, au cœur d’une guerre de souveraineté depuis le départ de la France

Cette annonce intervient dans un climat électrique. Depuis que les troupes françaises ont été chassées du pays et que le permis d’exploitation du gisement géant d’Imouraren a été retiré à Orano, l’uranium est devenu le champ de bataille d’une guerre d’influence.

La nationalisation de la Somaïr en juin 2025 a marqué le point de non-retour, Orano dénonçant une « expropriation » et lançant plusieurs procédures d’arbitrage international. En proposant de restituer les stocks contestés, le pouvoir nigérien tente de désamorcer ces recours judiciaires qui pèsent sur ses finances. C’est aussi un message envoyé aux nouveaux partenaires, comme la Russie ou la Chine : le Niger fait place nette pour redistribuer les cartes de son sous-sol, loin du modèle postcolonial qu’il juge « léonin ».

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