Frappes en Iran : Kamala Harris s'oppose ouvertement à Donald Trump

L’ancienne candidate démocrate à la présidentielle américaine, Kamala Harris, a publié samedi 28 février 2026 une déclaration sur le réseau social X pour condamner l’offensive militaire conjointe lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, quelques heures après le début des frappes.

Le président américain Donald Trump a annoncé dans la nuit du 28 février, depuis son domaine de Mar-a-Lago en Floride, le lancement de ce qu’il a qualifié d’«opérations de combat majeures» contre la République islamique. L’opération, baptisée «Epic Fury» côté américain et «Roaring Lion» côté israélien, a visé des dizaines de sites à travers l’Iran, dont Téhéran, Ispahan, Tabriz et Qom. L’Iran a riposté en tirant des missiles et des drones contre des bases militaires américaines situées au Bahreïn, au Qatar, en Irak et aux Émirats arabes unis.

Harris dénonce une guerre de choix

«Donald Trump entraîne les États-Unis dans une guerre que le peuple américain ne veut pas», a écrit Kamala Harris sur X. L’ex-vice-présidente a ajouté : «Je m’oppose à une guerre visant à renverser le régime iranien, et nos soldats sont mis en danger pour servir la guerre choisie par Trump.» Elle a également réclamé, dans l’intégralité de son communiqué, l’autorisation préalable du Congrès avant tout engagement militaire de cette nature — une exigence inscrite dans la War Powers Resolution de 1973, loi fédérale qui impose au président de notifier le Congrès dans les 48 heures suivant l’engagement de forces armées et d’obtenir son approbation dans un délai de 60 jours.

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Harris a également relevé la contradiction entre les engagements de campagne de Trump et ses décisions au pouvoir. Selon son communiqué, Trump «avait promis de mettre fin aux guerres plutôt que d’en déclencher», avant d’affirmer que cette promesse «était un mensonge».

Un paradoxe de campagne rattrapé par les faits

Le retournement de situation nourrit les commentaires politiques aux États-Unis. Durant la campagne présidentielle de 2024, l’actuelle directrice du renseignement national Tulsi Gabbard avait affirmé sur X : «Un vote pour Kamala Harris est un vote pour la guerre, la guerre et encore la guerre. Un vote pour Donald Trump est un vote pour mettre fin aux guerres.» Stephen Miller, conseiller senior du président, avait de son côté publié le slogan «Kamala = IIIe Guerre mondiale. Trump = Paix.»

Le premier engagement militaire américain contre l’Iran avait déjà eu lieu en juin 2025, avec l’opération «Midnight Hammer» visant les installations nucléaires de Fordow, Natanz et Ispahan. L’offensive du 28 février 2026 représente une escalade significative de cette politique.

Réactions internationales et prochaines étapes

La France, non consultée préalablement, a réagi par la voix du président Emmanuel Macron, qui a affirmé que Paris «n’a été ni prévenue ni impliquée» et a appelé à ce que «le travail diplomatique reprenne ses droits». Le médiateur omanais des négociations américano-iraniennes, le ministre des Affaires étrangères Badr al-Busaidi, a pour sa part déclaré être «consterné» que des «négociations actives et sérieuses» aient été «sapées».

Côté américain, le département d’État a demandé à ses ressortissants dans le monde entier de redoubler de vigilance. Des dizaines de compagnies aériennes, dont Air France, ont annulé leurs vols à destination du Moyen-Orient. Sur le plan politique intérieur américain, la question de l’autorisation du Congrès, soulevée par Harris, devrait cristalliser les débats dans les prochains jours, alors que les républicains sont attendus à des élections de mi-mandat difficiles.

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