Grammy : Trump menace l'animateur sud-africain Trevor Noah après une blague

Depuis la publication en janvier de millions de documents supplémentaires concernant Jeffrey Epstein, l’affaire du richissime financier continue de secouer les États-Unis et personnalités de haut niveau. Le ministère de la Justice américain a divulgué plus de trois millions de pages, deux mille vidéos et cent quatre-vingt mille images impliquant de nombreuses figures du pouvoir. Cet afflux d’informations sur le système d’exploitation sexuelle de mineurs autrefois organisé par le défunt Epstein place la question au cœur des débats publics et politiques. C’est dans cette situation sensible autour de l’affaire que s’est déroulée la 68e cérémonie des Grammy Awards dimanche soir à Los Angeles, une soirée où le président américain Donald Trump a dû affronter l’humour critique de l’animateur sud-africain Trevor Noah.

Trump réagit violemment à une allusion à Epstein lors de la cérémonie

Pendant la cérémonie, après l’attribution du Grammy de la Chanson de l’année à Billie Eilish pour son titre « Wildflower« , Trevor Noah a ponctué la remise du prix par une série de blagues politiques. En évoquant les ambitions territoriales présidentielles, l’animateur a comparé la convoitise présidentielle du Groenland à celle qu’auraient certains personnalités envers d’autres territoires moins recommandables. Il a ensuite enchaîné en insinuant que depuis la disparition d’Epstein, il fallait à quelqu’un une nouvelle île pour fréquenter certains cercles du pouvoir, une référence à peine voilée renvoyant à la fois à Trump et à Bill Clinton.

La plaisanterie n’a guère amusé le locataire de la Maison-Blanche. À peine la cérémonie terminée, Trump s’est exprimé sur sa plateforme Truth Social, décrivant d’abord les Grammy Awards comme étant les pires de l’histoire télévisée et pratiquement impossibles à regarder. Il a qualifié la production de « daube » dont CBS devrait être soulagée de ne plus diffuser. Mais c’est véritablement sur Noah que sa colère s’est concentrée, le désignant nominalement comme responsable du problème.

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Des dénégations vigoureuses et des menaces légales

Trump a fermement réfuté les accusations implicites de la blague. Sur Truth Social, il a précisé qu’il ne pouvait pas s’exprimer pour Bill Clinton, mais qu’en ce qui le concerne personnellement, il n’avait jamais mis les pieds sur l’île d’Epstein ni même à proximité. Il a souligné que jusqu’à cette déclaration de dimanche soir, personne, pas même les médias les plus critiques, ne l’avait jamais accusé d’y avoir séjourné. Cette affirmation d’absence de précédente accusation semble particulièrement importante pour lui, comme s’il cherchait à établir que la blague de Noah constituait une transgression unique.

Escaladant le ton, le président américain a déployé un vocabulaire particulièrement acerbe pour désigner l’animateur sud-africain. Il l’a traité de « parfait raté » avant de monter en épingle une menace judiciaire claire et détaillée. Trump a indiqué que ses avocats procèderaient à des poursuites contre Noah, le qualifiant de « pauvre maître de cérémonie pathétique, sans talent et complètement idiot« . Il a ajouté qu’il envisageait de le poursuivre pour une somme d’argent substantielle. Terminant son message d’un ton taquinement menaçant, le président a déclaré qu’il s’apprêtait à bien s’amuser avec Noah et l’a exhorté à se préparer au combat judiciaire.

Pour Noah, cette menace de poursuites relève d’une longue série d’attaques trumpiennes contre les figures médiatiques. Le président américain ne s’est pas contenté de critiquer l’animateur, il l’a également comparé au présentateur Jimmy Kimmel, l’une de ses autres bêtes noires du divertissement. Ces comparaisons dépréciatives semblent faire partie d’une stratégie rhétorique plus large visant à discréditer les voix critiques dans l’industrie du spectacle.

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