Le 25 février 2026, Sam Okudzeto Ablakwa, ministre ghanéen des Affaires étrangères, s’est rendu à Kiev où il a rencontré son homologue ukrainien Andrii Sybiha, pour tenter d’obtenir la libération de deux Ghanéens détenus par l’armée ukrainienne après avoir combattu aux côtés de la Russie. Cette démarche diplomatique fait apparaître une réalité du conflit : des Africains participent aux combats des deux côtés de la ligne de front depuis 2022. D’après les autorités ukrainiennes, environ 1 780 ressortissants africains, provenant de 36 pays, auraient été recrutés, en grande partie par des réseaux criminels.
Le bilan ghanéen
Depuis le début du conflit, 272 Ghanéens se sont engagés dans les combats en Ukraine, selon les informations communiquées au ministre par Kiev. Parmi eux, 55 ont perdu la vie et deux sont actuellement détenus par l’armée ukrainienne. Lors de sa visite, ces deux prisonniers ont imploré le ministre de prévenir les jeunes contre les promesses mensongères qui les incitent à rejoindre ce conflit.
« Ce n’est pas notre guerre et nous ne pouvons permettre que notre jeunesse serve de bouclier humain », a déclaré le chef de la diplomatie ghanéenne. Il a indiqué que les autorités prévoient de localiser et de démanteler les réseaux, notamment sur le dark web, qui recrutent des Africains pour les envoyer vers les zones de combat.
Des africains impliqués dans la guerre en Ukraine
Des Africains participent aux combats en Ukraine des deux côtés du conflit. Certains se trouvent dans les rangs ukrainiens, à l’instar du Marocain Brahim Saâdoune, intégré à des unités étrangères. Selon le collectif All Eyes on Wagner, au moins 1 417 ressortissants africains auraient été recensés parmi les forces russes. Ces données montrent que des ressortissants africains sont bien présents sur les deux fronts du conflit, avec des estimations globales issues de déclarations publiques et de rapports journalistiques.
Le Ghana s’engage désormais à identifier et poursuivre les réseaux de recrutement agissant sur son territoire. Cette volonté dépasse le niveau ministériel : les discussions menées à Kiev ont produit, selon les autorités ghanéennes, des avancées significatives dans la coopération bilatérale entre les deux nations sur ce dossier.

