Guerre en Ukraine : pour la Russie, l'Europe n'a plus sa place à la table des négociations

Moscou exclut l’Europe des pourparlers. Maria Zakharova accuse le continent d’avoir trahi les accords de Minsk et d’avoir facilité le réarmement de Kiev, alors que la guerre en Ukraine entre dans sa quatrième année, avec des victimes des deux côtés.

Une exclusion assumée par Moscou

Maria Zakharova ne tourne pas autour du pot. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères étrille l’Europe avec sa déclaration : « Ils ont utilisé cette ruse, cette manœuvre, cette tromperie uniquement pour réarmer le régime de Kiev. »

Les pourparlers qui se déroulent actuellement à Genève entre la Russie et l’Ukraine, médiés par les États-Unis, ont durci les positions. Depuis deux jours, les négociateurs quittent la table sans accord significatif. Kiev parle de progrès substantiels. Moscou évoque des discussions « difficiles mais pragmatiques ». La réalité est ailleurs : les écarts demeurent infranchissables. Chaque camp annonce des résultats différents, signe que la réalité demeure bloquée.

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Zakharova ne laisse aucune ambiguïté sur le rôle reproché aux Européens. Selon elle, leur retour aux négociations dépend d’une condition précise : « Leur retour à la table des négociations dépend de leur capacité à se comporter à cette table. »

Le dossier Minsk, arme de Moscou

L’accusation russe s’adosse à un passé diplomatique douloureux. Les accords de Minsk de 2014 et 2015 avaient censé résoudre la crise du Donbass. Ils ne l’ont jamais fait. Zakharova enfonce le clou : « Auparavant, les Européens avaient une place à la table des négociations, mais souligne qu’ils ont rejeté les accords de Minsk. »

Pire encore, aux yeux de Moscou, les Européens auraient admis en 2022 qu’ils ne respecteraient jamais ces accords. Une trahison gravée dans la mémoire russe. « Ils ont admis en 2022 directement que cela avait vraiment choqué le monde entier qu’ils n’allaient pas réellement respecter les accords de Minsk et ne travailleraient pas avec leurs pupilles, enfin, avec le gouvernement ukrainien », assène la diplomate.

Zakharova affirme que les Européens auraient joui autrefois de respect et de confiance de la Russie. Le continent aurait pu servir de garant ou d’intermédiaire. Au lieu de cela, ils auraient gâché cette position. Pour regagner une place à la table, il faudrait, selon elle, que l’Europe « regagne sa confiance et apprenne à tenir parole, notamment en ce qui concerne certaines normes, règles et lois ».

La guerre en Ukraine se poursuit faisant plusieurs victimes . Depuis quatre ans, combats et négociations s’enchevêtrent sans déboucher sur une solution. Les agences de renseignement européennes se montrent pessimistes : une fin de guerre en 2026 paraît improbable, malgré les velléités des États-Unis de parvenir à un accord d’ici juin.

Pour l’instant, les zones grises des négociations persistent. Les territoires occupés restent le nœud gordien. Kiev défend un gel des positions actuelles. Moscou demande le retrait complet des forces ukrainiennes du Donbass. Entre ces deux lignes, pas d’espace pour l’Europe, selon le Kremlin.

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