Iran : le guide suprême Khamenei menace d'embraser la région en cas de frappe américaine

Les relations entre Washington et Téhéran traversent une phase critique depuis plusieurs semaines. Après la répression sanglante des manifestations qui ont secoué l’Iran en janvier, faisant des milliers de morts selon les estimations, Donald Trump a multiplié les menaces contre le régime iranien. Le président américain a déployé une imposante flotte militaire dans le Golfe, comprenant notamment le porte-avions USS Abraham Lincoln et une dizaine de navires de guerre. Cette démonstration de force intervient alors que les deux pays avaient déjà connu un affrontement direct lors de la guerre des douze jours en juin 2025, durant laquelle les États-Unis avaient bombardé plusieurs sites nucléaires iraniens.

Face à cette pression militaire américaine, le guide suprême iranien a choisi de répliquer par un avertissement sans équivoque. Ali Khamenei a affirmé ce dimanche 1ᵉʳ février que toute offensive de Washington contre son pays provoquerait un embrasement dépassant les frontières iraniennes. « Les Américains doivent savoir que s’ils déclenchent une guerre, cette fois-ci ce sera une guerre régionale », a-t-il déclaré selon l’agence Tasnim. Le dirigeant iranien, qui ne s’était plus montré publiquement depuis le 17 janvier, rompt ainsi son silence pour adresser un message direct à l’administration Trump.

Les forces armées iraniennes en état d’alerte maximale dans le Golfe

Téhéran ne se contente pas de mises en garde verbales. Les Gardiens de la Révolution ont lancé ce dimanche un exercice naval à munitions réelles dans le détroit d’Ormuz, artère vitale pour l’approvisionnement énergétique mondial. Les autorités iraniennes ont menacé de bloquer ce passage stratégique en cas d’attaque américaine, une perspective qui pourrait paralyser une partie du commerce pétrolier international.

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L’armée iranienne se trouve en état d’alerte maximale, prête à riposter immédiatement selon les responsables militaires du pays. Un haut responsable iranien a prévenu que toute frappe, qu’elle soit « limitée, chirurgicale ou cinétique », serait considérée comme une « guerre totale » appelant une réponse d’une ampleur inédite.

Trump et Khamenei entre menaces de guerre et ouverture diplomatique

Malgré ces tensions extrêmes, une fenêtre diplomatique semble s’être entrouverte. La veille de la déclaration de Khamenei, Ali Larijani, secrétaire du Conseil de sécurité nationale iranien, évoquait des progrès dans la mise en place d’un cadre de négociation avec Washington. Donald Trump lui-même confirmait samedi sur Fox News que l’Iran « parlait » aux États-Unis, tout en maintenant l’ambiguïté sur ses intentions réelles.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a également tenté d’apaiser les tensions en déclarant qu’une guerre ne serait dans l’intérêt d’aucune des parties. Toutefois, Téhéran pose des limites claires : le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a répété que les capacités de défense et les missiles iraniens ne feraient jamais l’objet de discussions.

Entre déploiement naval américain et exercices militaires iraniens, la région retient son souffle. La menace d’un conflit régional brandie par Khamenei rappelle que toute escalade pourrait avoir des conséquences bien au-delà des frontières iraniennes, impliquant potentiellement les nombreuses bases américaines disséminées au Moyen-Orient et les alliés de Téhéran dans la région.

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