Le chef d’état-major des forces armées iraniennes a adressé dimanche un avertissement direct au président américain Donald Trump, affirmant qu’un conflit armé tournerait à l’avantage de Téhéran. Le général de division Abdolrahim Mousavi a rejeté la possibilité d’une capitulation face aux menaces militaires américaines, insistant sur la capacité de défense du régime. Ses propos interviennent dans une situation d’escalade diplomatique et militaire sans précédent entre les deux puissances depuis plusieurs semaines. L’enjeu central demeure la question du programme nucléaire iranien et les conséquences humanitaires d’une répression contre les manifestants à Téhéran.
Téhéran rejette les ultimatums militaires et fustige la posture américaine
Le général Mousavi a catégoriquement repoussé la rhétorique guerrière du chef d’État américain, en estimant que Washington doit saisir une vérité fondamentale : « une bataille de leçons » l’attendrait. Ces déclarations marquent une durcissement du ton iranien face aux menaces d’intervention militaire formulées par Trump au cours des derniers jours. Le commandant militaire a également critiqué la politique américaine, soulignant l’incohérence qui consiste à brandir la menace tout en prétendant engager des pourparlers constructifs. Il a qualifié les positions présidentielles d’« indignes » du statut de chef d’État et d’« imprudentes », dénonçant une approche qu’il considère comme incompatible avec toute diplomatie sérieuse.
Les tensions actuelles prennent racine dans les événements survenus en fin d’année 2025, marquées par des manifestations nationales massives qui ont provoqué une répression brutale aux dépens de milliers de civils. Ces mouvements de protestation exprimaient le mécontentement face aux conditions sociales et à la gouvernance du régime. Trump a établi des conditions préalables explicites concernant l’arrêt des exécutions arbitraires et la remise en question du programme d’enrichissement nucléaire de Téhéran. Parallèlement, les États-Unis ont renforcé considérablement leur présence militaire régionale, déployant un groupe de frappe navale majeur incluant le porte-avions Abraham Lincoln et des capacités aériennes d’envergure depuis la fin du mois de janvier.
Négociations nucléaires sous tension et dilemme diplomatique iranien
Le paradoxe qui caractérise actuellement les relations sino-iraniennes réside dans la tentative simultanée de poursuivre des discussions diplomatiques relatives à l’énergie nucléaire civile, qui ont effectivement redémarré en début février. Mousavi a explicitement déclaré que toute intention guerrière américaine demeure incompatible avec une volonté authentique de négociation, transformant les pourparlers en simple façade. Cette position reflète une méfiance envers les intentions réelles de Washington, perçues comme une stratégie de pression destinée à fragiliser davantage le régime tout en exigeant des concessions majeures sur le dossier nucléaire.
L’impasse actuelle révèle l’impossibilité de concilier deux stratégies fondamentalement opposées. D’un côté, Trump entend utiliser la pression militaire comme levier de négociation ; de l’autre, Téhéran refuse de céder sous la contrainte. Cette dynamique expose les vulnérabilités structurelles du système international, où la coercition militaire menace de remplacer le dialogue rationnel, risquant de transformer une crise en conflit ouvert aux conséquences régionales imprévisibles.



