L’Afrique dispose désormais d’un outil industriel capable de peser sur l’approvisionnement énergétique du continent. Mise en service au Nigeria, la méga-raffinerie portée par le Dangote Group s’impose comme l’une des plus grandes au monde, avec une capacité annoncée de 650 000 barils par jour. Implantée à Lekki, près de Lagos, elle permet au Nigeria de raffiner localement une part importante de sa production de brut et d’exporter des produits finis vers plusieurs marchés africains. Essence, gasoil ou kérosène y sont produits à grande échelle, réduisant les coûts logistiques et les dépendances extérieures. Cette infrastructure, pensée pour répondre à la demande régionale, est aujourd’hui observée de près par plusieurs États confrontés à la fragilité ou à l’arrêt de leurs propres installations de raffinage.
SONARA et raffinage au Cameroun une reprise toujours attendue
Au Cameroun, la question du raffinage reste sensible depuis l’arrêt prolongé de la SONARA, la Société nationale de raffinage, à la suite d’un incendie majeur survenu en 2019. Située à Limbé, cette raffinerie publique constitue un maillon central de l’approvisionnement en carburants du pays. Son arrêt a contraint l’État à recourir massivement aux importations de produits pétroliers raffinés, avec des répercussions sur les finances publiques et la disponibilité des carburants sur le marché intérieur.
Plusieurs tentatives de relance ont été évoquées au fil des années, sans aboutir à une reprise effective des activités. Les difficultés financières de la SONARA, combinées à l’ampleur des investissements nécessaires pour remettre l’outil industriel en état, ont freiné le processus. C’est dans ce cadre que des échanges ont récemment été engagés avec le groupe Dangote, autour de solutions de financement et d’approvisionnement susceptibles d’accélérer la remise en marche de la raffinerie camerounaise.
Dangote et SONARA un dialogue axé sur le financement et l’approvisionnement
Les discussions ouvertes entre la SONARA et le groupe nigérian portent sur des aspects concrets : la capacité à mobiliser des ressources financières, l’accès à des produits raffinés et, potentiellement, un appui technique. Pour le Cameroun, l’enjeu est double. Il s’agit d’abord de réduire la dépendance aux importations lointaines, souvent coûteuses et exposées aux fluctuations des marchés internationaux. Il s’agit ensuite de sécuriser l’approvisionnement national en carburants, indispensable au fonctionnement de l’économie.
Le choix de se rapprocher de Dangote ne relève pas du hasard. Grâce à sa raffinerie, le groupe dispose d’une capacité de production suffisante pour alimenter plusieurs pays, tout en restant géographiquement proche du marché camerounais. Cette proximité réduit les délais d’acheminement et les coûts logistiques, comparativement aux importations en provenance d’autres régions du monde.
Pour l’instant, aucune annonce officielle ne fait état d’un accord finalisé. Les échanges visent à explorer différentes options, sans qu’un schéma précis ait été rendu public. Toute coopération éventuelle dépendra des modalités retenues, de la capacité de la SONARA à honorer ses engagements financiers et des choix stratégiques des autorités camerounaises.
