Liberté d’expression à l’ère numérique: Les limites à ne pas franchir

À l’heure où le smartphone est devenu le prolongement naturel de la main, la parole n’a jamais été aussi libre. Mais cette liberté nouvelle, amplifiée par les réseaux sociaux, se heurte de plus en plus violemment à une réalité juridique stricte. Au Bénin comme ailleurs, l’illusion d’anonymat derrière un écran s’efface devant la portée incontrôlable des contenus et la rigueur des cadres législatifs. Il suffit d’un clic, d’un pouce levé ou d’un commentaire acerbe pour basculer du débat d’idées à l’infraction pénale. Dans le confort de son salon, protégé par une vitre tactile, l’internaute oublie souvent qu’il n’est plus dans une conversation privée, mais sur une place publique planétaire.

L’illusion du bouclier numérique

Le premier piège de l’ère numérique est psychologique. C’est l’effet de désinhibition. Derrière un téléphone, le sentiment d’impunité est décuplé. On écrit ce qu’on n’oserait jamais dire en face de son interlocuteur. Cette apparente protection incite certains à franchir les barrières de la courtoisie, de la décence et finalement, de la légalité. Pourtant, la technologie qui permet de s’exprimer est la même qui permet de tracer. L’adresse IP, les métadonnées et les archives numériques constituent une signature indélébile. En réalité, personne n’est vraiment anonyme sur Internet. Ce que l’on croit être un cri dans le désert est souvent un signal gravé dans le marbre numérique. Le véritable danger réside dans la perte de contrôle. Une fois qu’un contenu — qu’il s’agisse d’un texte, d’une image ou d’une vidéo — est mis en ligne, son auteur en perd la propriété effective. Il entre dans le domaine de la viralité. En quelques secondes, une information (vraie ou fausse) peut faire le tour du pays, atteignant des milliers de personnes, des employeurs, des familles ou des autorités. Un contenu humoristique peut être perçu comme une injure grave une fois extrait de son cadre initial. Cette portée démesurée transforme une simple opinion en une arme potentielle, capable de détruire des réputations ou de troubler l’ordre public.

Agir dans le respect du Code du Numérique

Au Bénin, la liberté d’expression est un droit constitutionnel, mais elle n’est pas absolue. Elle s’arrête là où commencent le droit d’autrui et la préservation de l’intérêt général. Le pays s’est doté d’un arsenal juridique robuste, notamment le Code du Numérique, pour encadrer cet espace.

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