L'OM mise sur Habib Beye pour décrocher la Ligue des champions

Retour aux sources. Libéré du Stade Rennais quelques heures plus tôt, Habib Beye a été officiellement nommé entraîneur de l’Olympique de Marseille ce mercredi 18 février 2026, avec pour mission de ramener le club phocéen sur le podium de la Ligue 1 et de décrocher la Coupe de France.

Le club a tranché vite. Dix jours après le limogeage de Roberto De Zerbi, l’OM a publié un communiqué lapidaire en soirée : « L’Olympique de Marseille annonce la nomination d’Habib Beye au poste d’entraîneur de l’équipe première. Bon retour chez toi, Habib. » Pas de conférence de presse, pas d’effet d’annonce. L’urgence sportive ne laissait plus de place au protocole.

Contrat de 18 mois, jusqu’en juin 2027. Salaire minimal, selon plusieurs sources concordantes. Medhi Benatia, directeur du football conforté dans ses fonctions par le propriétaire américain Frank McCourt après une tentative de démission avortée, a poussé activement ce dossier. McCourt lui-même a annoncé l’arrivée de Beye aux joueurs avant toute officialisation, validant publiquement le choix : « La nomination d’Habib Beye, entraîneur au parcours exigeant et au lien historique avec l’OM, nous recentre sur les défis qu’il nous reste à relever. »

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Une nomination au goût d’évidence… et d’ironie

La trajectoire a quelque chose de particulier. Beye a été limogé par Rennes le 9 février — au lendemain d’une défaite 3-0 en huitièmes de finale de Coupe de France contre l’OM. Le club qui l’a éliminé le nomme aujourd’hui sur son banc. C’est précisément cette même Coupe de France qu’il devra ramener à Marseille, quatorze ans après le dernier trophée olympien.

Né à Suresnes de père sénégalais et de mère française, Beye connaît la maison de l’intérieur. Entre 2003 et 2007, il a disputé 174 matchs sous le maillot olympien, porté le brassard de capitaine, atteint la finale de la Coupe UEFA 2004 face à Valence. En 2023, les supporters l’ont intégré au onze de légende du club pour les 120 ans de l’institution.

Sa reconversion d’entraîneur débute en septembre 2021 au Red Star FC, en National. Trois saisons plus tard, il en sort avec un titre de champion et une montée en Ligue 2, récompensé par le titre de meilleur entraîneur du National décerné par la FFF. Au Stade Rennais, il assure le maintien en Ligue 1 avant de buter sur l’irrégularité des résultats et des tensions rapportées avec le vestiaire breton.

Un choix qui divise, des questions qui restent

La nomination n’a pas fait l’unanimité, même avant d’être officialisée. À l’annonce des premières rumeurs, Jérôme Rothen avait déjà attaqué sur RMC : « Habib Beye, en quoi il a la crédibilité pour entraîner l’OM aujourd’hui ? À part le copinage… » Une sortie qui résonne d’autant plus que le principal défi du nouveau coach ne sera pas tactique, mais humain : fédérer un vestiaire fragilisé par des semaines de turbulences institutionnelles, là où il avait échoué à Rennes.

La photo officielle publiée par le club ajoute un détail révélateur : Beye pose aux côtés de Benatia, sans trace de Pablo Longoria. Le président espagnol, écarté de fait par McCourt au profit du directeur du football marocain, semble sur le départ.

Quatrième de Ligue 1, l’OM accuse cinq points de retard sur Lyon, troisième. Vendredi soir à Brest, 20h45, Beye prendra place sur son banc pour la première fois en compétition officielle. Vingt-troisième journée de Ligue 1.

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