À Nouakchott, lors de la 6ᵉ Conférence africaine pour la paix le 10 février 2026, l’imam Mahmoud Dicko a lancé un appel au dialogue entre toutes les parties au Mali. Face à la situation sécuritaire, il insiste sur l’urgence de protéger la population civile et de mettre fin aux affrontements. Il plaide pour un sursaut collectif afin d’éviter « un bain de sang » qui pourrait déstabiliser le pays. Son message s’adresse directement aux autorités militaires, aux groupes armés et à la société civile.
L’appel pressant de Mahmoud Dicko à la responsabilité des Maliens
Lors d’une interview exclusive avec RFI Fulfulde et Mandenkan, Mahmoud Dicko, ancien président du Haut Conseil islamique du Mali, a fait part de son inquiétude concernant la situation à Bamako. Selon lui, Bamako apparaît presque encerclée par des groupes djihadistes et des forces militaires équipées, exposant ainsi la population civile à de sérieux risques. L’imam appelle les Maliens à se mobiliser et à envisager une nouvelle trajectoire fondée sur le dialogue. À ses yeux, tous les conflits trouvent une solution autour d’une table : pour lui, il est urgent d’engager la discussion entre responsables politiques, société civile et groupes armés.
Il a insisté sur le fait que la poursuite des affrontements risquerait d’entraîner des conséquences graves pour l’ensemble du pays, en accentuant les souffrances de la population et en fragilisant le tissu social. Son intervention s’insère dans le cadre de la Conférence africaine pour la paix, qui réunit chaque année des décideurs politiques, des leaders religieux et des acteurs de la société civile afin de partager des stratégies pour la résolution pacifique des conflits sur le continent.
Sécurité et instabilité : les défis actuels au Mali
Ces derniers mois, le Mali a été confronté à des attaques djihadistes, en particulier dans les régions centrales et septentrionales, sous la pression notamment du groupe JNIM (Jama’at Nasr al-Islam wal-Muslimin, affilié à al‑Qaïda). Cette situation a eu des répercussions économiques : certains projets étrangers, notamment dans le secteur minier, ont été suspendus ou annulés en raison des risques sécuritaires, et des gouvernements comme ceux de la France ou des États-Unis ont recommandé à leurs ressortissants de limiter leurs déplacements ou de quitter certaines zones.
Parallèlement, le gouvernement d’Assimi Goïta a renforcé la sécurité nationale en recrutant des milliers de soldats et agents de sécurité, en modernisant des bases militaires et en mettant à disposition de nouvelles patrouilles et équipements, dont des drones, pour mieux protéger les axes stratégiques du pays. Il a alloué plus d’1,1 milliard de dollars au budget de la défense en 2024. Sur le plan économique, l’État a lancé un fonds dédié à la réalisation d’infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport afin de stimuler le développement territorial et améliorer les conditions de vie des populations. Bamako participe par ailleurs, à des projets régionaux comme l’inauguration d’une Banque Confédérale d’Investissement et de Développement pour favoriser les investissements au sein de la Confédération des États du Sahel.
L’imam Mahmoud Dicko a conclu son intervention en réaffirmant que le Mali doit trouver une issue pacifique à ses conflits actuels. Selon lui, il est essentiel que tous les acteurs concernés, qu’ils soient politiques, religieux, civils ou armés, prennent leurs responsabilités pour protéger la population et garantir l’avenir du pays.




il est vraiment fêlé lui, bain de sang combien y en eu??