Maroc : grève de la faim des supporters sénégalais interpellés après la CAN 2025

Lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, disputée le 18 janvier à Rabat entre le Sénégal et le pays hôte, des débordements ont éclaté à l’issue du match, marqué par des envahissements de terrain et des heurts avec les forces de l’ordre. À la suite de ces incidents, les autorités marocaines ont interpellé 18 supporters sénégalais ainsi qu’un supporter algérien, suspectés de participation à des actes de hooliganisme et de violence dans le stade Prince Moulay Abdellah. Ils ont été placés en garde à vue, poursuivis et leur procès a été renvoyé à une date ultérieure, dans le cadre d’une procédure judiciaire en cours. Depuis leur mise en garde à vue, la situation des détenus s’est dégradée, les autorités judiciaires retardant les procédures prévues.

Les supporters sénégalais recourent à la grève de la faim face aux obstacles judiciaires

Face à l’attente prolongée d’une audience, les détenus ont décidé de recourir à une forme de protestation non violente : une grève de la faim. Cette décision, annoncée officiellement par le biais d’un message adressé à leur avocat, Me Kabou, revêt pour eux une dimension à la fois politique et spirituelle. Les supporters demandent que leurs droits fondamentaux de défense soient respectés, notamment le droit de connaître précisément les accusations portées contre eux et de présenter leur version des faits devant un tribunal.

Les obstacles à une défense adéquate s’avèrent multiples et complexes. Les échanges judiciaires s’effectuent en français et en arabe, deux langues que les détenus ne maîtrisent pas, le wolof étant leur langue maternelle. Cette barrière linguistique crée une situation d’inégalité et compromet leur capacité à participer pleinement à leur propre procès. Les supporters sollicitent également des aménagements leur permettant de maintenir leurs pratiques religieuses et culturelles durant leur détention, notamment l’accès à des khassidas et au Coran, afin de soutenir ce qu’ils considèrent comme un acte de foi et de conviction.

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Détention et soutien diplomatique entre le Sénégal et le Maroc

Le groupe des détenus présente une certaine diversité : aux côtés de supporters venus directement du Sénégal figurent des expatriés résidant en Europe et en Amérique du Nord, dont certains étaient venus assister à cette finale continentale. Parmi eux se trouvent des membres de groupes de supporters historiques, venus de plusieurs villes du continent africain. Leur détention prolongée a mobilisé les autorités diplomatiques sénégalaises, qui ont mis en place un soutien juridique et consulaire auprès de leurs ressortissants.

Les détenus tiennent à souligner l’absence d’hostilité envers le peuple marocain. Ils rappellent régulièrement que les Marocains demeurent leurs frères et expriment leur volonté de contribuer à l’apaisement des tensions. La grève de la faim qu’ils ont engagée symbolise leur frustration face à ces obstacles procéduraux répétés. Les rapports judiciaires initialement programmés ont connu des retards successifs, notamment en raison de mouvements de grève parmi les avocats marocains. Cette situation laisse les détenus dans l’incertitude quant à la date à laquelle ils pourront enfin exposer leur défense.

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