Pendant près de trois ans, les capitales européennes ont massivement soutenu Kiev face à l’offensive russe lancée en février 2022. Sous l’impulsion de l’administration Biden, l’Union européenne a déployé un arsenal de sanctions économiques sans précédent contre Moscou tout en acheminant des milliards d’euros d’aide militaire vers l’Ukraine. Mais l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche a rebattu les cartes. Le président américain, qui ambitionne de passer à la postérité comme un « artisan de la paix », a engagé des pourparlers directs avec le Kremlin, laissant les Européens sur la touche. C’est précisément ce moment que choisit Dmitri Medvedev pour savourer ce qu’il considère comme une débâcle occidentale.
Le vice-président du Conseil de sécurité russe dénonce la stratégie européenne sur l’Ukraine
Dans une interview accordée ce dimanche à Reuters, l’agence TASS et au blogueur militaire russe WarGonzo, l’ancien président de la Fédération de Russie n’a pas mâché ses mots. Selon lui, les puissances européennes ambitionnaient d’« infliger une défaite stratégique à la Russie » par le biais de leur soutien armé à Kiev. Le verdict qu’il tire de cette entreprise est cinglant : « Ils n’ont rien accompli ».
Plus acerbe encore, Medvedev estime que les Européens se sont tiré une balle dans le pied. Les sanctions et les restrictions énergétiques imposées à Moscou auraient, selon lui, provoqué des dégâts considérables sur les économies de l’UE elle-même. « L’Europe sape les fondements de son existence par ses propres actions. C’est tout simplement incroyable », a-t-il lâché depuis sa résidence aux abords de Moscou.
Le numéro deux du Conseil de sécurité russe est allé jusqu’à qualifier les dirigeants de l’Union européenne de « gang de lunatiques » et de « groupe de fous », fustigeant leur incompétence présumée en matière de relations internationales.
Medvedev loue Donald Trump et prédit une victoire russe imminente
Le ton adopté envers Washington contraste radicalement avec ces critiques. Medvedev a salué Trump comme un dirigeant « efficace » et « non conventionnel », estimant que les échanges entre Moscou et l’administration américaine étaient devenus « beaucoup plus productifs ». « Trump veut entrer dans l’histoire comme un artisan de la paix, et il essaie vraiment », a-t-il reconnu.
Interrogé sur l’issue du conflit, l’ancien chef d’État s’est montré confiant. La Russie obtiendra « bientôt » la victoire militaire en Ukraine, a-t-il affirmé, tout en soulignant l’importance de préparer l’après-guerre pour éviter de nouveaux conflits.
Ces déclarations interviennent alors qu’une nouvelle série de pourparlers américano-russes doit se tenir cette semaine à Abou Dhabi. La Russie contrôle actuellement environ un cinquième du territoire ukrainien, mais n’est pas encore parvenue à s’emparer de l’intégralité du Donbass, où les forces ukrainiennes maintiennent leurs positions sur près de 10 % de la région selon les cartes en sources ouvertes.



