Le président des États-Unis, Donald Trump, a affirmé récemment que l’Iran serait proche de disposer d’un missile capable d’atteindre le territoire américain. D’après des responsables informés des rapports classifiés cités par le New York Times, aucune évaluation récente de la communauté du renseignement américaine ne conclut à une telle capacité à court terme.
Le quotidien new-yorkais rapporte, en s’appuyant sur trois personnes ayant connaissance des analyses internes, qu’aucun document consulté par ces responsables n’indique un programme aboutissant prochainement à un missile balistique intercontinental opérationnel. Ces sources ont précisé ne pas exclure l’existence d’une nouvelle analyse dont elles n’auraient pas été informées, tout en indiquant que les estimations connues situent cette possibilité à plusieurs années.
Des évaluations internes différentes des déclarations publiques
Selon le New York Times, les agences de renseignement américaines continuent d’estimer que l’Iran possède des missiles balistiques régionaux d’environ 2 000 kilomètres de portée, capables d’atteindre Israël et des bases américaines au Moyen-Orient, mais pas le territoire continental des États-Unis. La chaîne CNN et NBC News ont relayé des éléments similaires, citant également des responsables américains anonymes familiers des analyses de sécurité nationale.
L’agence Reuters a indiqué de son côté que des sources proches des évaluations militaires américaines ne constataient pas d’avancée rapide vers un système intercontinental opérationnel, évoquant un horizon de plusieurs années avant une éventuelle capacité de frappe directe contre les États-Unis. Le New York Times écrit que les responsables interrogés disent ne pas avoir connaissance d’une évaluation concluant à une capacité imminente de frappe du territoire américain.
Le Pentagone publie régulièrement des rapports au Congrès sur les capacités militaires iraniennes. Le dernier document public du Département de la défense décrit un programme balistique important mais concentré sur la portée régionale et sur des missiles à combustible solide destinés à la dissuasion dans le Golfe et au Levant.
Une confrontation militaire directe en juin 2025
Ces divergences d’appréciation interviennent plusieurs mois après la confrontation militaire directe entre Israël et l’Iran en juin 2025, souvent décrite par plusieurs médias internationaux comme une guerre de douze jours. Le 13 juin 2025, l’armée israélienne a mené des frappes aériennes contre des installations militaires et nucléaires iraniennes, ont détaillé Al Jazeera et l’agence Anadolu dans leurs chronologies du conflit.
L’Iran a répondu par des tirs de missiles balistiques et de drones contre des villes israéliennes, marquant un affrontement direct entre États après des années d’opérations indirectes. Dans la nuit du 21 au 22 juin 2025, les États-Unis sont intervenus militairement. Selon Al Jazeera et le quotidien français Le Parisien, des bombardiers américains ont frappé les sites nucléaires iraniens de Natanz, Fordow et Ispahan à l’aide de bombes pénétrantes destinées aux installations souterraines.
L’Iran a ensuite lancé des missiles contre la base aérienne d’Al-Udeid, au Qatar, d’après les autorités qatariennes et le Département de la défense américain, avant qu’un cessez-le-feu n’intervienne quelques jours plus tard pour mettre fin aux combats.
La question des missiles demeure un enjeu de sécurité
Depuis cet épisode militaire, la capacité balistique iranienne constitue un point central des discussions sécuritaires américaines. Les rapports du Congrès américain et du Congressional Research Service indiquent que l’Iran dispose du plus vaste arsenal de missiles du Moyen-Orient, tout en soulignant l’absence d’ICBM opérationnel connu publiquement.
Aucune nouvelle estimation officielle déclassifiée n’a été publiée à ce jour par la Maison-Blanche ou le Bureau du directeur du renseignement national, dont le prochain rapport annuel sur les menaces mondiales est attendu lors de son audition annuelle devant le Congrès.

