Au début du mois de février le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario se sont retrouvés à Madrid afin d’échanger autour sur la question du Sahara occidental. Cette réunion visait à faciliter le fait de trouver un accord viable et pérenne sur ce sujet sensible qu’est celui du plan d’autonomie marocain pour la région du Sahara.
Pour l’occasion, Rabat a présenté une version revue de sa proposition concernant l’autonomie du Sahara occidental. Dans ce document, ne figure aucune mention d’un référendum d’autodétermination. En effet, celle-ci est jugée obsolète depuis l’adoption de la résolution 2797 des Nations unies, survenue au mois d’octobre 2025.
Une réunion début février, pour « tout changer » ?
En revanche, le plan marocain prévoit que la région s’occuperait de gérer, d’elle-même, les affaires locales. En outre, c’est bien le Maroc qui aura la main sur les compétences dites régaliennes, judiciaires, etc. En contrepartie, Rabat est prêt à quelques concessions. L’amnistie pour tous les dirigeants du Polisario sera décrétée. Des éléctions locales seront aussi organisées et le retour des réfugiés sahraouis du camp de Tindouf, en Algérie, sera organisé.
Interrogé, François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, s’est exprimé sur RFI à ce sujet. Au cours de son entretien, il a notamment souligné une avancée remarquable, avec la volonté algérienne et du Polisario d’ouvrir les discussions à ce sujet (bien que les États-Unis aient accentué la pression à ce sujet, poussant probablement les autorités concernées à lâcher du lest).
L’Algérie revoit sa position
Cependant, il n’a pas manqué de rappeler que quelques désaccords subsistent entre les différentes parties engagées dans la discussion. Par exemple, Alger et le Polisario s’opposent à la nomination du chef de l’exécutif local par le roi Mohammed VI et réclament une élection. Celui-ci estime également que la diplomatie algérienne devra aussi s’expliquer sur cette évolution, alors qu’Alger s’est longtemps montré inflexible.
Cependant, le plan marocain est de plus en plus soutenu. En Europe, la France, l’Espagne ou l’Estonie se sont prononcées en sa faveur. C’est aussi le cas des États-Unis et plus globalement, de l’ONU. L’Algérie s’est donc peu à peu retrouvée isolée, menant une bataille compliquée. Face à au fait accompli, le président Tebboune et ses soutiens ont donc opté pour une nouvelle stratégie, davantage axée sur l’ouverture et le dialogue.

