Sénégal : Polémique sur un supposé soutien à la candidature de Macky Sall à l’ONU

La visite officielle du président Bassirou Diomaye Faye à Brazzaville continue de susciter des réactions au Sénégal, bien au-delà des volets diplomatiques annoncés. En cause, des propos relayés par des médias congolais et une séquence diffusée à la télévision publique du Congo évoquant la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies, une perspective qui provoque une vive contestation dans une partie de l’opinion sénégalaise.

Débat politique après la visite de Diomaye Faye au Congo

Ces éléments ont rapidement alimenté le débat à Dakar. Le député Guy Marius Sagna, figure de la majorité, a publiquement rejeté l’idée que le Sénégal puisse soutenir une telle candidature. Dans une prise de position virulente, il estime qu’un appui officiel serait incompatible avec les événements survenus sous le régime précédent, évoquant des morts lors de manifestations et l’emprisonnement de nombreux opposants politiques. Selon lui, un tel soutien enverrait un message négatif aux victimes et aux acteurs engagés pour les libertés publiques.

Dans la même dynamique, Seydi Gassama, responsable d’Amnesty International Sénégal, a interpellé le chef de l’État sur les réseaux sociaux. Il souligne que toute prise de position en faveur de l’ancien président serait perçue comme une rupture avec les attentes de justice exprimées par les familles des victimes et les anciens détenus politiques, rappelant que l’alternance politique de 2024 s’est construite sur ces sacrifices.

Publicité

Clarification attendue sur la position officielle

À ce stade, aucune déclaration officielle des autorités sénégalaises ne confirme l’existence d’un soutien à une candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Les informations évoquées reposent sur des commentaires médiatiques congolais et sur une narration télévisée qui n’explicite ni les propos exacts tenus lors des échanges bilatéraux, ni une position formalisée du Sénégal.

Cette situation place la présidence sénégalaise face à une attente de clarification. Pour une partie de l’opinion, la question dépasse le simple cadre diplomatique et touche à la cohérence politique du pouvoir actuel, élu sur la promesse de rupture et de reddition des comptes. En l’absence de confirmation officielle, le débat reste ouvert, mais les réactions montrent que toute ambiguïté sur ce dossier pourrait avoir des répercussions politiques immédiates sur la scène nationale.

Laisser un commentaire