Lors d’un entretien accordé à Fox Business le 10 février 2026, le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis ne devaient pas se satisfaire d’un produit intérieur brut de 3 % et devaient viser un taux de croissance compris entre 15 et 20 %. Cette sortie intervient alors que l’administration républicaine met en avant des résultats économiques qu’elle qualifie d’historiques. L’animateur Larry Kudlow, pourtant fidèle soutien du locataire de la Maison-Blanche, n’a pas validé ce chiffre, préférant saluer « l’optimisme » présidentiel. Aucune économie avancée n’a jamais atteint de manière durable un tel niveau de croissance, ce qui pose la question de la crédibilité de cet objectif affiché par le dirigeant de la première puissance mondiale.
Face à la caméra de Fox Business, Donald Trump s’en est pris à ceux qui considèrent qu’une progression du PIB de l’ordre de 2 à 3 % constitue une performance satisfaisante. Le président américain a estimé que cette forme de contentement représentait un frein à la puissance économique du pays, affirmant que la nation devrait enregistrer une expansion de 15, voire 20 %. Pour appuyer sa démonstration, il a évoqué les premières décennies de l’histoire américaine, période durant laquelle, selon lui, le dynamisme entrepreneurial et ce qu’il a qualifié d’« esprit » national permettaient d’atteindre de tels rythmes de développement. Il a par ailleurs attribué la modestie des performances actuelles à la présence de ce qu’il a décrit comme des tendances socialistes et communistes au sein de l’appareil économique. Larry Kudlow, ancien conseiller économique de la Maison-Blanche devenu présentateur, a accueilli ces propos avec une certaine réserve diplomatique, concédant que l’on pouvait ne pas partager chaque chiffre avancé tout en appréciant la vision optimiste du président.
Économie américaine en 2026 : une croissance solide mais un marché du travail fragilisé
L’économie des États-Unis traverse une phase marquée par des signaux contradictoires qui rendent d’autant plus saisissante l’ambition présidentielle. Le produit intérieur brut réel a progressé de 4,4 % au troisième trimestre 2025, après une hausse de 3,8 % au trimestre précédent, porté principalement par la consommation des ménages, les exportations et les dépenses publiques. La Réserve fédérale d’Atlanta estime la croissance du quatrième trimestre à environ 3,7 %, tandis que le chiffre officiel sera dévoilé le 20 février prochain. Ces résultats, bien que robustes pour une économie de cette envergure, restent à des années-lumière du seuil de 15 à 20 % évoqué par le chef de l’État. Sur le front de l’emploi, le ralentissement est notable : seulement 130 000 postes ont été créés en janvier 2026 et le taux de chômage se maintient à 4,3 %, après avoir atteint 4,6 % en novembre 2025, son plus haut niveau depuis septembre 2021. L’année 2025 n’aura vu que 584 000 créations d’emplois, l’un des bilans les plus faibles depuis plus d’une décennie, très loin des deux millions annuels enregistrés sous la présidence de Joe Biden. L’inflation, quant à elle, demeure à 2,8 %, au-dessus de la cible de 2 % fixée par la Réserve fédérale, en partie à cause de l’effet des droits de douane imposés par l’administration Trump, qui selon les analystes de Goldman Sachs ajoutent environ un point de pourcentage aux prix. La part des revenus revenant aux travailleurs dans le PIB national est par ailleurs tombée à 53,8 % au troisième trimestre 2025, un plancher historique jamais observé depuis 1947.
Objectif de croissance à 20 % : ce qu’en disent les économistes et Wall Street
Cette déclaration présidentielle creuse un fossé considérable avec les projections des institutions financières et des organismes de prévision. Goldman Sachs anticipe une expansion de 2,5 % du PIB américain pour l’ensemble de l’année 2026, soit légèrement au-dessus du consensus des économistes établi à 2,1 %.
Même les prévisions les plus enthousiastes de l’administration Trump, portées par le secrétaire au Commerce Howard Lutnick qui a évoqué une croissance pouvant atteindre 5 à 6 % lors du Forum de Davos, demeurent très éloignées du seuil fixé publiquement par le président. Pour mettre ces chiffres en perspective, aucun pays à économie avancée et de cette taille n’a jamais enregistré une croissance annuelle de 15 % en dehors de rebonds post-guerre ou de phases de reconstruction. Même la Chine, durant ses décennies de développement accéléré, n’a franchi cette barre que de façon ponctuelle et dans un cadre économique radicalement différent, celui d’un pays en voie d’industrialisation rapide.
La nomination de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale, annoncée par le président pour succéder à Jerome Powell, traduit cette volonté d’accélérer la machine économique. Trump a d’ailleurs affirmé que son futur président de la Fed serait en mesure de propulser la croissance à 15 %. Cet ancien gouverneur de l’institution monétaire, en poste entre 2006 et 2011, est perçu comme plus enclin à assouplir la politique de taux que son prédécesseur. La Fed a maintenu ses taux inchangés en janvier 2026 après les avoir abaissés de 175 points de base depuis septembre 2024, et la plupart des analystes n’anticipent que deux à trois baisses supplémentaires au cours de l’année. Entre les ambitions affichées par la Maison-Blanche et la prudence des marchés, l’écart n’a sans doute jamais été aussi prononcé sur la trajectoire de la première économie mondiale.




« Trump veut une croissance de 15 à 20 % pour les USA »
Si les USA délocalisent les meilleures entreprises de la planète sur leur sol et qu’ils s’approprient tous les puits de pétrole et toutes les matières premières (de gré ou de force) c’est parfaitement faisable. Et c’était noir sur blanc sur son programme électoral
Certaines entreprises allemandes ont déjà émigré !