Le Nigeria entretient depuis plusieurs années une coopération militaire solide avec les États‑Unis. Cette collaboration se traduit par des livraisons régulières d’équipements, des formations d’officiers et des échanges de renseignement. En décembre 2025, les forces américaines ont mené des frappes contre des positions de l’État islamique dans le nord‑ouest du pays, tandis que des équipements militaires stratégiques ont été envoyés pour soutenir les opérations nigérianes. Malgré cette aide, le général Christopher Musa, ministre de la Défense du Nigeria, lors d’une interview accordée à Sunday Politics sur sur Channels Television, a souligné que le pays adopte désormais une approche de défense “non alignée”, lui permettant de coopérer avec plusieurs partenaires internationaux selon ses besoins.
Coopération militaire et transfert de technologie avec la Turquie
Selon le général, les récents accords avec la Turquie ne visent pas à limiter les relations avec Washington, mais à renforcer les capacités locales. Le Nigeria prévoit de recevoir du matériel turc et de bénéficier d’un transfert de technologie pour pouvoir produire certaines armes et équipements sur son sol, suivant des standards internationaux. Des échanges d’officiers et des programmes de formation conjointe sont également prévus, avec des militaires turcs présents au Nigeria et des officiers nigérians envoyés en Turquie. Pour le général, cette coopération pratique constitue une étape essentielle pour que le pays maîtrise ses propres outils de défense tout en tirant parti de l’expérience étrangère.
Une stratégie de défense flexible et autonome
Le général Musa insiste sur le fait que le Nigeria peut ainsi travailler avec la Turquie, la Chine et les États‑Unis sans être dépendant d’un seul partenaire. Selon lui, cette position de nation “non alignée” offre au pays une marge de manœuvre stratégique, permettant de négocier directement avec chacun de ses alliés selon les intérêts nationaux. Il affirme que les interventions prévues avec les nouveaux équipements turcs doivent être déployées rapidement, et la planification administrative est déjà en cours pour assurer la continuité des programmes de formation et de renforcement des capacités.
Pour le général, cette diversification garantit que le Nigeria ne se limite pas à un seul modèle de coopération militaire et reste libre de ses choix tactiques et industriels. En combinant la formation américaine, le soutien matériel et les nouvelles technologies turques, le pays ambitionne de renforcer son autonomie stratégique tout en restant un partenaire crédible et actif sur la scène régionale. Cette politique reflète selon lui, la volonté d’Abuja de consolider ses forces armées et de sécuriser son territoire sans dépendance exclusive, tout en préservant sa capacité à collaborer avec les acteurs internationaux de son choix.



