USA : le secrétaire à la Santé admet avoir sniffé de la cocaïne sur des toilettes publiques

Robert F. Kennedy Jr., actuel secrétaire américain à la Santé et aux Services sociaux, a fait des révélations fracassantes sur son passé de toxicomane lors d’un podcast diffusé ce mercredi. L’homme de 71 ans a confié avoir consommé de la cocaïne dans des conditions d’hygiène déplorables, expliquant que cette expérience l’avait rendu insensible à la menace du coronavirus. Cette confession intervient alors que le responsable de la santé publique américaine reste une figure controversée depuis sa nomination par Donald Trump. *L’aveu soulève des questions sur le parcours atypique de celui qui supervise désormais les politiques sanitaires de la première puissance mondiale.

Robert F. Kennedy Jr. et son passé de toxicomane révélé sur le podcast de Theo Von

C’est sur le plateau du célèbre podcasteur américain Theo Von que Robert F. Kennedy Jr. a choisi de lever le voile sur une période sombre de son existence. Le secrétaire à la Santé a expliqué sans détour pourquoi la pandémie de Covid-19 ne l’avait jamais véritablement inquiété, contrairement à des millions d’Américains terrifiés par ce virus inconnu. Sa réponse a de quoi surprendre venant du plus haut responsable sanitaire du pays : sa dépendance passée aux drogues dures lui avait fait côtoyer des dangers bien plus immédiats que n’importe quel agent pathogène. L’héritier de la célèbre dynastie politique américaine a ainsi reconnu avoir inhalé de la cocaïne sur des sièges de toilettes, une pratique qui l’exposait à des risques sanitaires considérables sans que cela ne l’effraie à l’époque.

Cette révélation permet de comprendre l’attitude désinvolte qu’a adoptée Kennedy Jr. pendant la crise sanitaire mondiale. Alors que les autorités recommandaient l’isolement et les réunions virtuelles, lui continuait à se rendre quotidiennement à des séances en présentiel des programmes de désintoxication en douze étapes. Le secrétaire a justifié ce choix en affirmant que son addiction représentait une menace mortelle certaine, tandis que le coronavirus demeurait un risque qu’il était prêt à prendre. Cette philosophie l’a conduit à rejoindre ce qu’il qualifie de « groupe pirate », des personnes dépendantes qui organisaient clandestinement des réunions physiques pendant que le reste de la société basculait vers le distanciel.

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Un parcours controversé avant sa nomination au gouvernement Trump

Robert Francis Kennedy Jr. appartient à l’une des familles les plus emblématiques de l’histoire politique américaine. Neveu du président John Fitzgerald Kennedy assassiné en 1963 et fils du sénateur Robert Kennedy lui-même tué en 1968, il a d’abord mené une carrière d’avocat spécialisé dans les questions environnementales avant de devenir une figure majeure du mouvement anti-vaccins aux États-Unis. Sa fondation Children’s Health Defense a diffusé pendant des années des informations contestées par la communauté scientifique concernant les dangers supposés de la vaccination infantile. Cette posture lui a valu d’être banni d’Instagram en 2021 pour propagation de désinformation médicale liée au Covid-19, une sanction levée uniquement lorsqu’il s’est lancé dans la course présidentielle.

Sa candidature à l’investiture démocrate en 2023, puis sa campagne en tant qu’indépendant, ont été marquées par de nombreuses déclarations polémiques sur les vaccins, les laboratoires pharmaceutiques et les agences de régulation sanitaire. Kennedy Jr. a notamment accusé ces dernières d’être sous l’influence des grandes firmes qu’elles sont censées contrôler. Son ralliement à Donald Trump pendant la campagne présidentielle de 2024 a surpris de nombreux observateurs, compte tenu de l’héritage démocrate de sa famille. Le président républicain l’a néanmoins récompensé en le nommant à la tête du département de la Santé et des Services sociaux, une décision qui a provoqué l’inquiétude des professionnels de santé et des défenseurs de la vaccination.

Quarante-trois ans de sobriété pour le responsable de la santé américaine

Malgré ces révélations sur ses années de dépendance, Robert F. Kennedy Jr. tient à souligner le chemin parcouru depuis cette époque troublée. Le secrétaire à la Santé revendique aujourd’hui plus de quatre décennies sans consommer de substances illicites, un combat quotidien qu’il mène grâce aux programmes de soutien aux personnes dépendantes. Sa rencontre avec Theo Von n’est d’ailleurs pas fortuite puisque les deux hommes se sont croisés dans des cercles de rétablissement bien avant que leurs carrières respectives ne les propulsent sous les projecteurs médiatiques. Cette connexion personnelle explique la franchise inhabituelle dont a fait preuve Kennedy Jr. lors de cet entretien diffusé à des millions d’auditeurs.

Pour le responsable gouvernemental, maintenir sa participation aux réunions des douze étapes relève tout simplement de la survie. Cette discipline rigoureuse qu’il s’impose depuis plus de quarante ans témoigne selon lui de sa capacité à surmonter les épreuves les plus difficiles. Reste que cette transparence sur son passé addictif intervient dans un contexte particulier, alors que sa gestion du département de la Santé fait l’objet de vives critiques de la part des démocrates et d’une partie de la communauté médicale. Ses détracteurs estiment que confier la santé publique américaine à un homme ayant longtemps combattu les vaccins constitue une aberration, tandis que ses partisans saluent son authenticité et son parcours de rédemption personnelle.

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